Fête du Baptême du Seigneur

Homélie du Dimanche 13 janvier 2019 : Baptême du Seigneur

1ère lecture : Isaïe 40, 1-5.9-11,
Psaume 103 (104), 1c-3a, 3bc-4, 24-25, 27-28, 29-30,
2ème lecture : Lettre de St Paul à Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7,
Evangile selon St Luc 3, 15-16.21-22

 

Nous connaissons bien Jean-Baptiste. Du moins connaissons nous tous un Jean-Baptiste dans nos relations. Le Prénom est assez courant et nous n’y faisons pas vraiment attention.

Ici, Jean, fils de Zacharie et d’Elisabeth, cousin de Jésus, est appelé Baptiste parce qu’il baptise !

Baptiser, c’est plonger les gens dans l’eau.

Ce n’est pas tellement comme quand on entre à la piscine par un plongeoir. Il s’agit plutôt d’être trempé dans l’eau. Trempé, détrempé, imprégné du liquide dans lequel on baigne.

Comme un linge sale qu’on fait tremper dans une lessive pour le ravoir. Trempé aussi comme un acier ou un verre qu’on plonge brûlant dans un bain froid pour qu’il acquière de nouvelles qualités de fiabilité et de force.

Le Baptême de Jean nous trempe et nous détrempe dans l’eau pour notre purification

Le Baptême en Jésus nous transforme en nous conservant notre personnalité mais en nous conférant des capacités de foi, de courage et d’espérance qui viennent du seul Jésus, Baptême dans le Feu de l’Esprit Saint.

Nous célébrons aujourd’hui ce Baptême de Jean reçu par Jésus comme il était donné à tout un peuple de pénitent en attente de délivrance.

Jésus se rend solidaire de son peuple pécheur en attente de la grâce que seul Dieu peut donner.

Ce faisant, Jésus consacre l’attitude de pénitent qui doit donc aussi être la nôtre : par nous-mêmes, nous ne pouvons pas nous sauver. Dieu seul peut nous délivrer du mal.

Le sommet de cette attitude d’abandon dans les mains du Père que Jésus adopte , c’est bien sûr sa Passion et sa mort en Croix.

Il nous partage cet abandon lorsqu’il nous donne son Corps et son Sang en nourriture : il se plonge en nous, il se trempe en nous pour que nous nous détrempions de sa vie et de son action d’abandon à la grâce de Dieu.

Ainsi, le peuple en attente que nous sommes avec tous les disciples de Jean-Baptiste est-il un peuple de la foi et de l’espérance.

Aujourd’hui dans les médias, on parle beaucoup du peuple, des peuples. C’est un terme qui trouve une nouvelle notoriété. Mais tous ceux qui en parlent ne parlent pas tous du même peuple, de la même acception du mot ‘peuple’.

En politique, notamment, les partis d’extrême droite comme d’extrême gauche revendique d’être le peuple. Les gilets jaunes le revendiquent aussi. Les autorités gouvernementales parlent aussi du peuple français pour l’appeler à faire des efforts supplémentaires !

Le peuple est donc parfois en colère, parfois convoité, parfois réquisitionné, parfois fatigué et indifférent.

Dans sa jeunesse et dans ses pérégrinations en Palestine, Jésus a écouté son peuple. Parfois, il ‘a interpelé vivement, parfois il l’a consolé. Mais le peule auquel il s’est solidarisé, c’est me peule des pécheurs en attente de délivrance.

Imprégné de l’attente de son peuple, Jésus ouvre le ciel, enfin ! Par nôtre baptême, nous sommes enfin libéré de cette expérience que ce n’est même pas la peine d’essayer faire du mieux parce que ça ne marche jamais !

Par notre Baptême, nous sommes configurés au Christ, le Fils de Dieu qui ne peut rien par lui-même, mas qui reçoit tout de son Père.

Avec Jésus et avec la puissance de l’Esprit Saint dans lequel nous sommes forgés, nous pouvons enfin être un peule ardent à faire le bien, comme le dit St Paul.

C’est très décisif pour nous au quotidien.

En effet, si nous croyons que nous sommes enfants de Dieu -et nous le sommes-, nous avons désormais la capacité d’agit dans le sens de l’Evangile et du Royaume de Dieu.

Tout d’abord en démasquant les tentations qui nous assaillent et en y renonçant. Notamment les tentations de découragement, de colère, d’orgueil ou d’égoïsme.

Puis en ne nous laissant pas mener par le bout du nez de nos réactions instinctives. Il est nécessaire de poser des actes réfléchis et non pas des réactions affectives. Cela nous permet de discerner ce qui est meilleur pour le bien des autres plutôt que pour nous-mêmes.

Vous l’avez bien éprouvé au moins une fois dans votre vie lorsque vous avez vraiment fait du bien : la joie ! la vraie joie profonde. Non pas l’excitation d’avoir gagné quelque chose pour nous-même, succès, vengeance ou tranquillité, mais la joie d’avoir été ardent à faire le bien, comme Jésus, comme le Père, comme les enfants de Dieu qui ne vivent que de Lui.

Cette joie-là, c’est celle du Père lui-même ! Il le dit à son Fils lorsque celui-ci se plonge et se trempe dans le peuple que nous sommes, un peuple désireux et pauvre qui se tourne en tout vers Dieu.

Frère Michel Stœckel