Homélie du 10 février 2019, fête patronale

5ème dimanche ordinaire année C + Fête Patronale  ND de la Confiance – 10 février 2019 – MS

Isaïe 6, 1-2a, 3-8 ; Psaume 137 (138), 1-5, 7c-8 ; 1 Corinthiens 15, 1-11 ; Luc 5, 1-11

Belle et bonne fête, Notre Dame de la Confiance ! 
Bonne fête à toi, Marie, toi qui a offert ta foi à l’appel du Seigneur pour que nous ayons un Sauveur, ton Fils Jésus !
Bonne fête à vous tous qui faites l’expérience intérieure que Marie marche avec vous aux chemins de vos vies pour vous conduire infailliblement au Christ, le Fils de Dieu Seigneur !   
Petite communauté de la chapelle Notre Dame de la Confiance, voici comment s’écrit ton pèlerinage sur la terre, ta marche vers la Vie en compagnie de Marie qui marche, la première avec toi !

Tout d’abord, il y a l’initiative de Dieu. C’est Lui l’auteur de l’histoire sainte, de l’histoire de son peuple, de l’histoire de chacun d’entre nous. Il a l’initiative de s’adresser à la jeune Marie, pure et sainte croyante d’un pays désolé dans un temps troublé. De manière totalement imprévisible, Il lui envoie son ange Gabriel. Celui-ci fait irruption dans la vie de Marie qui est en attente confiante de la promesse de Dieu.

Nous avons entendu qu’il avait déjà fait irruption dans la vie d’un certain Isaïe en lui montrant toute la puissance de sa gloire.

Nous avons entendu qu’Il est aussi intervenu dans la vie de Paul, ce juif zélé persécuteur de l’Eglise, en l’arrêtant brutalement sur le chemin de Damas par une apparition du Seigneur Jésus.

Nous avons également entendu que Dieu, en Jésus, fait irruption dans la vie de Simon le pécheur qui venait de subir un échec professionnel désespérant, rentré bredouille d’une nuit de travail en mer.

Frères et sœurs, si vous êtes ici ce matin, ce n’est pas d’abord par habitude ni par décision, c’est parce que Dieu, qui vous donne de respirer, a conduit vos pas jusqu’à cette chapelle pour intervenir dans votre vie !
Prenons maintenant conscience que si nos respirons et si notre cœur bat, c’est parce que Dieu le veut et qu’il nous donne cet air et ce cœur. En ce moment que nous vivons, Dieu crée chaque personne ici présente !

Cette irruption de Dieu dans la vie de Marie, d’Isaïe, de Paul ou de Simon-Pierre amène chacun d’eux à s’identifier : « Je suis un homme aux lèvres impures !’(Isaïe), Je suis le plus petit de tous les apôtres (Paul), « Je suis un homme pécheur ! » (Simon-Pierre). Et Marie répond, elle : « Je suis la servante du Seigneur ! »

Et vous frères et sœurs ? Ou plus exactement, et toi, mon frère, ma sœur, toi personnellement rejoint par le Seigneur ce dimanche de fête patronale, 10 février 2019 : qui dis-tu que tu es devant le Seigneur venu te voir ce matin ?

Ce n’est pas si habituel de dire qui on est, après tout. En général, dans notre vie courante, on fait les choses qui s’enchaînent dans nos journées parce qu’il y a des obligations, des tâches, des activités qui remplissent notre emploi du temps. … Même si nous avons beaucoup ou trop de temps vide devant nous à cause du chômage, de la solitude ou de la maladie.
On vit les choses assez machinalement sans s’arrêter pour en prendre conscience, ni encore moins pour prendre conscience de qui nous sommes.

Parfois cependant, quelqu’un ou quelque chose nous heurte et nous nous voyons réagir avec vigueur : « Je suis ta mère et ce n’est pas comme çà que tu parles à ta mère ! » « Je suis un être humain, quand même, et je me sens méprisé par la vexation d’un collègue ou d’un supérieur ! »

Justement, qui sommes-nous ? Comment répondre à cette question : Qui suis-je ? Nous pouvons montrer nos papiers d’identité. Nous pouvons dire de qui nous sommes l’enfant, de quel tradition nous sommes issus, dans quel pays nos ancêtres reposent. Nous pouvons dire de qui nous sommes parent. Nous pouvons dire notre métier ou notre activité principale : travailleur, écolier, étudiant, retraité, etc.

Mais je voudrais vous inviter à prendre conscience, là, maintenant que « Je suis la fille de Dieu / je suis le fils de Dieu ! Je suis la personne que Dieu aime et désire, celle ou celui pour qui Jésus a donné sa vie afin que je sois purifié et que je vive ! »

Fermons les yeux quelques secondes pour goûter cet amour de Dieu pour moi que jamais rien ni personne ne pourra éteindre.         
Marche avec nous, Marie, au chemin de cette découverte que j’ai du prix aux yeux de Dieu, comme toi.

Certes, je suis pécheur aux lèvres impures, persécuteur de l’Eglise comme Isaïe, Paul ou Simon-Pierre ; je suis pécheur parce que la vie n’est pas facile et que je suis faible pour résister aux tentations. C’est entendu ! Mais surtout, je suis aimé-e de Dieu, choisi-e par Lui pour une alliance d’amour et de confiance mutuelle.
Notre Dame de la Confiance, priez joyeusement pour nous !

Après qu’Isaïe, Paul et Simon-Pierre se sont reconnus indignes de la venue de Dieu dans leur vie, après que Marie a exprimé son incapacité à être mère du Christ toute seule, toutes ces personnes rejointes par Dieu ont accueilli un appel de Dieu à collaborer à son œuvre.          
Isaïe a entendu l’appel à être envoyé et il a répondu : « Me voici ! Envoie-moi ! »          
Paul a changé de vie pour annoncer l’Evangile de Jésus avec toute sa fougue et son énergie.      
Pierre a suivi Jésus et a été pêcher des hommes plutôt que des poissons.   
Et Marie a dit : « Que tout se passe pour moi selon ta Parole ! »

Aucun d’entre eux n’avaient prévu le tour nouveau que prendrait sa vie après que la Seigneur ne soit venu le solliciter ! Mais se sachant l’objet d’une confiance totale de Dieu, chacun a répondu par la confiance totale.

Et c’est grâce à eux que le Seigneur continue son œuvre pour nous. C’est à leur suite que nous faisons l’expérience de l’amour indéfectible de Dieu pour chacun de nous.          
Marie, la première en chemin marche avec nous sur les chemins de l’Evangile.

Aujourd’hui, le Seigneur appelle chacun de nous à l’accueillir, à lui faire confiance, à entendre son appel et à le suivre.

J’invite chacun de nous présent dans cette chapelle à écouter dans son cœur quel est l’appel auquel il sent devoir répondre :

Est-ce, comme Isaïe, l’appel à servir Dieu qui seul est saint et à faire de tous ses actes quotidiens un hommage au Créateur et Sauveur ? Ou encore l’appel à faire la justice, à rappeler la fidélité ?

Est-ce, comme Paul, l’appel à témoigner de l’Evangile et de la croix de Jésus dans son entourage, en famille, au travail, auprès des amis ou des voisins ? Ou encore l’appel à servir, à enseigner, à rappeler la vérité ?

Est-ce, comme Simon-Pierre, l’appel à rassembler, à réunir ceux qui sont éloignés, à rechercher ceux qui se sont perdus ? Ou encore l’appel à organiser la communauté à soigner la liturgie ?

Est-ce, comme Marie, à donner la vie, à aider les enfants à grandir, ou ceux qui ont besoin de secours, de tendresse, d’encouragement ? Ou encore l’appel faire entièrement confiance à Jésus, comme à Cana où elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-l ! »

Quelle que soit la vocation à laquelle nous répondrons, nous nous appuyons sur la présence de Marie sur nos chemins de foi. Elle qui est toute confiance en Dieu, sait intimement que Dieu lui fait confiance. Elle sait que Dieu à l’audace de nous faire confiance. Quelle merveille !

Notre Dame de la Confiance, priez pour nous !

Frère Michel Stoeckel