dimanche 24 février, 7ème dimanche ordinaire, année C

1 Samuel 26, 2.7-9.12-13.22-23 ; Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10, 12-13 ; 1 Corinthiens 15, 45-49 ; Luc 6, 27-38

Nous sommes très forts pour nous faire mutuellement du mal.

On raconte l’histoire des peuples bien plus souvent à travers les guerres qu’à travers les gestes de paix. Ce qui est vrai des nations, des pays, des religions, des classes, des cultures, etc. qui sont promptes à s’opposer est vrai aussi de nos vies familiales ou de nos réseaux de relations : tant de haines !

Observons trois situations.

La première : je suis méchant. C’est moi qui ai de la haine contre d’autres personnes.

Mes actes, mes pensées sont orientés par cette haine qui m’habite et je fais tout ce que je peux pour faire mal à ceux que je hais. Là-dessus, je suis très inventif et, bien souvent, j’entraîne d’autres personnes avec moi pour renforcer mon acharnement contre ce que je considère comme mes ennemis. Et même, lorsque ceux que je n’aime pas m’offrent de bonnes choses ou me témoignent d’un pardon ou d’un amour, je profite de cette vulnérabilité pour leur faire encore du mal et y trouver une certaine satisfaction.

Je suis méchant bien souvent sans prendre le temps de réaliser pourquoi je suis méchant. C’est comme si j’étais téléguidé par la méchanceté qui m‘habite. Si je prenais le temps de réfléchir, non pas sur es stratégies d’agression mais sur mes motivations, je serais déstabilisé. Donc , je ne le fais pas.

Pourtant, il y a bien des causes à ma méchanceté : je n’ai pas été aimé ou j’ai de bonnes rasions d’être jaloux, envieux. Ou bien j’ai été blessé, maltraité, humilié, négligé. Lu bien la justice ma été refusée. Bref, il y a de réelles causes à ma colère et ma méchanceté. Donc, je continue d’assouvir ma haine.

Il y a de fortes chances que je n’entende pas l’appel de Jésus à aimer mes ennemis !

Deuxième situation :

Toi et moi sommes ennemis et nous trouvons toutes les raisons de nous affronter et de nos faire mutuellement du mal.

C’est une histoire ancienne. Il se peut même qu’elle soit bien plus ancienne que nous-mêmes. L’un et l’autre sont prêts à trouver tous les arguments, y compris les pus faux, pour dénigrer son ennemi et l’affaiblir dans son corps, dans son mental, dans son travail, dans ses relations, dans son activité, etc.

Nous sommes adroits à ramener des gens dans notre camp contre l’autre et à monter des personnes contre notre ennemis. Nous nous pourrissons la vie l’un l’autre mais il n’est pas question de céder. D’ailleurs, cette animosité qui nous oppose occupe tellement de place dans notre vie que nous ne pourrions plus nous en passer.

Finalement, cette haine réciproque devient notre raison de vivre ! Il vaut mieux ne pas se demander ce que nous ferions de notre vie s nous n’avions pas cette bataille incessante à mener jusqu’à la défaite de l’autre et sa destruction. Que personne ne vienne nous détourner de notre haine car cela nous dépouillerait de notre énergie  et de notre force pour nous lever le matin !

Là encore, si Jésus vient nous dire d’aimer nos ennemis, il y a peu de chance que nous l’écoutions !

Troisième situation :

Je suis victime de la haine de mon ennemi. Voilà : je réussis un peu mieux ma vie, j’ai e un peu plus de chance. J’ai compris que la paix est plus vraie que la haine.

J’ai pensé souvent que nous pourrions partager plutôt que nous concurrencer. J’ai fait des tas de tentatives pour nous rapprocher ; j’ai même accepté des accusations fausses qu’il me faisait pour tenter d’apaiser son animosité contre moi.

 J’ai essayé de passer par ses amis pour proposer une trêve, pour faire descendre la pression.

Découragé, j’ai aussi essayé de me protéger, de protéger mes proches : parfois en coupant les ponts ou parfois en m’éloignant. J’ai même essayé d’être méchant moi-même, de répondre coup pour coup, mais je ne suis pas doué pour çà et cela m‘est revenu en pleine figure !

Je suis fatigué ! Découragé ! Déçu ! Dépité ! J’ai mal et je ne sais pas comment échapper à cette persécution.

Et là, j’entends Jésus qui me dis : Prie pour lui ! Fais-lui du bien ! Aime-le, ton ennemi !

Alors j’ai envie de crier, de hurler, de pleurer de rage. Jésus ne va-t-il pas me libérer de cette situation où je suis écrasé ?

Comment vais-je continuer à vivre dans ces conditions ? Où vais-je trouver la force de me lever le matin pour accomplir ma tâche ?

Jésus s’est posé cette question ! Il a vécu tout cela dans sa chair.

C’est la mission qu’Il a reçu du Père de venir chez ses ennemis, non pas pour les terrasser, mais pour les aimer de la part du Père et les sauver du mal.

Sur la croix où ses ennemis que nous sommes l’avons fixé dans la torture et l’humiliation, pendant qu’on lui enfonçait des clous dans les pieds et les mains, il priait pour que nous soyons pardonnés. Il est mort en priant pur les méchants afin qu’ils reçoivent la vie éternelle de Dieu !

C’est ainsi qu’Il a sauvé les méchants. Il a fallu aller jusque là pour que les méchants -enfin : quelques-uns pour commencer !- ouvrent enfin les yeux et se détournent de leur méchanceté.

Quand Jésus te dis : « Tend l’autre joue, prie pour ton ennemis, souhaite-leur du bien ! », Il sait de quoi Il parle. Il le fait , Lui, avant toi et Il continue de le faire avec toi. (ce qui n’est pas le cas du pauvre prédicateur qui te transmet son Evangile, lui qui ne se connait pas d’ennemi et ne sais pas de quoi il parle ! Pardonne-lui son homélie !)

Comme cela t’est impossible par toi-même, pauvre Adam terrestre façonné d’argile fragile, deviens résolument disciple de Jésus, accueille Jésus en toi, comme y invite St Paul dans le 2ème lecture : deviens l’être spirituel qui ne vit plus que de Dieu ! C’est ta seule solution.

Alors, toi aussi, à la suite de Jésus, prie pour celui ou celle qui te veut du mal, qui te persécute et qui te pourris la vie. Souhaite-lui du bien ! Aime-le ! Sois Jésus !

Frère Michel SDtœckel