Dimanche 12 mai 2019, 4ème dimanche de Pâques, année C, Journée Mondiale de Prière pour les Vocations

Actes des Apôtres 13, 14.43-52 ; Psaume 99 (100), 1-2, 3, 5 ; Apocalypse 7, 9.14b-17 ; Jean 10, 27-30
Pour préparer l’animation de cette Messe, le groupe de l’aumônerie s’est réuni vendredi soir.    
Nous cherchions à comprendre ce qui se cache derrière le mot « vocation ».
Après avoir évoqué les vocations professionnelles où on choisit un métier pour se donner à fond au service des autres avec compétences, nous avons cherché ce qu’est une vocation au plan spirituel.
Les jeunes ont pensé aux sœurs qui leur ont fait le caté, aux diacres et aux prêtres qui ont tous répondu à l’appel d’une vocation religieuse.
Puis nous sommes remontés au Baptême : y a-t-il une vocation attachée au sacrement du Baptême ?
Les jeunes présents ayant tous été baptisés bébés, donc sans qu’ils aient eu leur mot à dire, les animateurs ont demandé aux jeunes par quelles décisions ils ont été confirmés.
L’un dit : « j’ai été obligé. » L’autre dit : « j’ai dit oui » ou « j’ai accepté »         
Le ton de leurs réponses disaient en filigrane : « C’était la suite logique du programme puisque je suis d’une famille chrétienne, et donc j’ai suivi le mouvement, mais ça n’a pas changé grand-chose ! »
Eh bien, cela veut dire qu’il y a beaucoup de choses à reprendre !
Frères et sœurs, on n’est pas chrétien catholique par héritage culturel ou familial !
Certes, le témoignage de foi des croyants d’une famille peut mettre les enfants sur la voie de la foi.
Mais si les confirmés ont le sentiment d’avoir été obligés par coutume de recevoir ce sacrement, c’est qu’ils n’ont pas été appelés avec suffisamment de force à prendre en charge l’Evangile dans leur vie de baptisés.
En d’autres termes, le sacrement de la Confirmation n’a pas encore produit ses effets dans leur vie.
Chacun de nous présents dans cette assemblée pourrait s’interroger, d’ailleurs, sur les fruits que le Baptême et la Confirmation ont produit dans sa vie de croyant.
Car le Baptême et sa Confirmation contiennent un appel puissant qui devrait conduire à vouloir ressembler à Jésus dans tous les actes de sa vie concrète et dans son cœur.
La vocation commence là, au Baptême (et à sa Confirmation). Et l’Eucharistie que nous recevons chaque dimanche est la nourriture de cette vocation. Si celle-ci n’est pas éveillée et mise en œuvre volontairement par les ceux qui communient, elle est quasi inopérante !
La vocation attachée au Baptême est la vocation à la sainteté, celle que Dieu adresse à chacun de ses enfants comme il l’a adressée à Jésus son Fils.
Pour faire court, la sainteté, c’est deux choses : 1/ goûter joyeusement que Dieu nous aime et nous donne tout ce dont nous avons besoin pour vivre et 2/ orienter tous les gestes, décisions et énergies de sa vie pour ressembler à Jésus dans le service des autres, la défense de la justice et l’annonce de l’Evangile.
Ça n’a rien à voir avec l’appartenance native à une culture qui nous situe comme chrétien à défaut d’être autre chose.
La vie de baptisé confirmé, c’est une décision prise pour toute la vie en réponse à l’appel de Dieu à suivre son Fils. Quelqu’en soit le prix.
Le 30 août 2017, au Pakistan, Sharon Massiq, 18 ans, a préféré se laisser tabasser à mort plutôt que de renoncer à sa foi catholique. Du ciel où il est, nous pouvons lui demander de nous donner la même vigueur dans la foi.
Vendredi soir, une jeune se demandait comment on discerne que Dieu nous parle et nous appelle. Plusieurs ont répondu que c’est en priant, en écoutant dans son coeur, en étant touché par la parole ou le témoignage d’un croyant. Il y a de nombreuses manières du Seigneur de s’adresser respectueusement à nous.
L’important est de demander : « Seigneur qu’attends-tu de moi ? » « Comment veux-tu que je te suive ? » « Comment m’appelles-tu à donner ma vie ? »       
Une jeune demande : « C’est obligatoire de devenir sœur ? »        
Non, mais c’est obligatoire de se demander si Dieu m’appelle et de lui répondre en toute droiture !
Une fois que l’on a écouté et reçu l‘appel de Dieu qui est contenu dans notre Baptême et notre Confirmation, alors on peut formuler sa réponse à Dieu :
« Voilà, Seigneur, tu m’as sauvé en Jésus-Christ et tu m’appelles à lui ressembler. Eh bien moi, je me connais telle ou telle qualité et j’ai envie de développer telle ou telle générosité dans ma vie. Alors je te propose de répondre à une vocation qui va me rendre heureux-se toute ma vie.
·         Je choisis donc le mariage. Le mariage n’est pas simplement la constatation qu’un homme et une femme sont amoureux et veulent fonder une famille ensemble. Il s’agit de la vocation à être Image de Dieu comme couple puisque lorsque Dieu a créé l’être humain, il l’a créé à son image, couple homme et femme.
·         Je choisis donc la vie consacrée dans le service des pauvres, comme religieux ou religieuse. Parce que je sens en moi que l’Evangile me presse à aimer Jésus dans ses frères les plus petits.
·         Je choisis donc de me proposer comme diacre ou prêtre pour servir l’Eglise, annoncer la Parole de Dieu, rassembler les enfants du Père, célébrer les sacrements, témoigner de la préférence de Dieu pour les pauvres.
·         Je choisis donc de me consacrer à la louange et à la prière dans une communauté monastique. Parce que j’aime Jésus par-dessus tout, que je ne veux vivre que de Lui et attendre toute ma vie son retour en gloire où Il sera tout en tous.
·         Je choisis donc de garder le célibat pour être pauvre de cœur et rester disponible aux appels de mes frères et sœurs avec qui je veux partager le plus modeste et quotidien de la vie, afin de ressembler à Jésus qui a vécu 30 ans discrètement au milieu de ses contemporains pour s’imprégner de leur vie, de leurs joies, de leurs peines, de leurs espoirs et de leurs savoir-faire.
A présent que nous sommes entrés dans la réponse vitale et déterminante à l’appel de Dieu dans notre Baptême, nous pouvons, effectivement, prier pour que des vocations spécifiques naissent de notre communauté : mariage, vie religieuse, prêtres, diacres, consécration moniales, etc.
En tous cas, nous avons tous cette vocation puissante à la sainteté parce que Dieu nous a saisis dans la foi de notre Baptême.
Amen
Frère Michel Stœckel