Homélie du 10 février 2019, fête patronale

5ème dimanche ordinaire année C + Fête Patronale  ND de la Confiance – 10 février 2019 – MS

Isaïe 6, 1-2a, 3-8 ; Psaume 137 (138), 1-5, 7c-8 ; 1 Corinthiens 15, 1-11 ; Luc 5, 1-11

Belle et bonne fête, Notre Dame de la Confiance ! 
Bonne fête à toi, Marie, toi qui a offert ta foi à l’appel du Seigneur pour que nous ayons un Sauveur, ton Fils Jésus !
Bonne fête à vous tous qui faites l’expérience intérieure que Marie marche avec vous aux chemins de vos vies pour vous conduire infailliblement au Christ, le Fils de Dieu Seigneur !   
Petite communauté de la chapelle Notre Dame de la Confiance, voici comment s’écrit ton pèlerinage sur la terre, ta marche vers la Vie en compagnie de Marie qui marche, la première avec toi !

Tout d’abord, il y a l’initiative de Dieu. C’est Lui l’auteur de l’histoire sainte, de l’histoire de son peuple, de l’histoire de chacun d’entre nous. Il a l’initiative de s’adresser à la jeune Marie, pure et sainte croyante d’un pays désolé dans un temps troublé. De manière totalement imprévisible, Il lui envoie son ange Gabriel. Celui-ci fait irruption dans la vie de Marie qui est en attente confiante de la promesse de Dieu.

Nous avons entendu qu’il avait déjà fait irruption dans la vie d’un certain Isaïe en lui montrant toute la puissance de sa gloire.

Nous avons entendu qu’Il est aussi intervenu dans la vie de Paul, ce juif zélé persécuteur de l’Eglise, en l’arrêtant brutalement sur le chemin de Damas par une apparition du Seigneur Jésus.

Nous avons également entendu que Dieu, en Jésus, fait irruption dans la vie de Simon le pécheur qui venait de subir un échec professionnel désespérant, rentré bredouille d’une nuit de travail en mer.

Frères et sœurs, si vous êtes ici ce matin, ce n’est pas d’abord par habitude ni par décision, c’est parce que Dieu, qui vous donne de respirer, a conduit vos pas jusqu’à cette chapelle pour intervenir dans votre vie !
Prenons maintenant conscience que si nos respirons et si notre cœur bat, c’est parce que Dieu le veut et qu’il nous donne cet air et ce cœur. En ce moment que nous vivons, Dieu crée chaque personne ici présente !

Cette irruption de Dieu dans la vie de Marie, d’Isaïe, de Paul ou de Simon-Pierre amène chacun d’eux à s’identifier : « Je suis un homme aux lèvres impures !’(Isaïe), Je suis le plus petit de tous les apôtres (Paul), « Je suis un homme pécheur ! » (Simon-Pierre). Et Marie répond, elle : « Je suis la servante du Seigneur ! »

Et vous frères et sœurs ? Ou plus exactement, et toi, mon frère, ma sœur, toi personnellement rejoint par le Seigneur ce dimanche de fête patronale, 10 février 2019 : qui dis-tu que tu es devant le Seigneur venu te voir ce matin ?

Ce n’est pas si habituel de dire qui on est, après tout. En général, dans notre vie courante, on fait les choses qui s’enchaînent dans nos journées parce qu’il y a des obligations, des tâches, des activités qui remplissent notre emploi du temps. … Même si nous avons beaucoup ou trop de temps vide devant nous à cause du chômage, de la solitude ou de la maladie.
On vit les choses assez machinalement sans s’arrêter pour en prendre conscience, ni encore moins pour prendre conscience de qui nous sommes.

Parfois cependant, quelqu’un ou quelque chose nous heurte et nous nous voyons réagir avec vigueur : « Je suis ta mère et ce n’est pas comme çà que tu parles à ta mère ! » « Je suis un être humain, quand même, et je me sens méprisé par la vexation d’un collègue ou d’un supérieur ! »

Justement, qui sommes-nous ? Comment répondre à cette question : Qui suis-je ? Nous pouvons montrer nos papiers d’identité. Nous pouvons dire de qui nous sommes l’enfant, de quel tradition nous sommes issus, dans quel pays nos ancêtres reposent. Nous pouvons dire de qui nous sommes parent. Nous pouvons dire notre métier ou notre activité principale : travailleur, écolier, étudiant, retraité, etc.

Mais je voudrais vous inviter à prendre conscience, là, maintenant que « Je suis la fille de Dieu / je suis le fils de Dieu ! Je suis la personne que Dieu aime et désire, celle ou celui pour qui Jésus a donné sa vie afin que je sois purifié et que je vive ! »

Fermons les yeux quelques secondes pour goûter cet amour de Dieu pour moi que jamais rien ni personne ne pourra éteindre.         
Marche avec nous, Marie, au chemin de cette découverte que j’ai du prix aux yeux de Dieu, comme toi.

Certes, je suis pécheur aux lèvres impures, persécuteur de l’Eglise comme Isaïe, Paul ou Simon-Pierre ; je suis pécheur parce que la vie n’est pas facile et que je suis faible pour résister aux tentations. C’est entendu ! Mais surtout, je suis aimé-e de Dieu, choisi-e par Lui pour une alliance d’amour et de confiance mutuelle.
Notre Dame de la Confiance, priez joyeusement pour nous !

Après qu’Isaïe, Paul et Simon-Pierre se sont reconnus indignes de la venue de Dieu dans leur vie, après que Marie a exprimé son incapacité à être mère du Christ toute seule, toutes ces personnes rejointes par Dieu ont accueilli un appel de Dieu à collaborer à son œuvre.          
Isaïe a entendu l’appel à être envoyé et il a répondu : « Me voici ! Envoie-moi ! »          
Paul a changé de vie pour annoncer l’Evangile de Jésus avec toute sa fougue et son énergie.      
Pierre a suivi Jésus et a été pêcher des hommes plutôt que des poissons.   
Et Marie a dit : « Que tout se passe pour moi selon ta Parole ! »

Aucun d’entre eux n’avaient prévu le tour nouveau que prendrait sa vie après que la Seigneur ne soit venu le solliciter ! Mais se sachant l’objet d’une confiance totale de Dieu, chacun a répondu par la confiance totale.

Et c’est grâce à eux que le Seigneur continue son œuvre pour nous. C’est à leur suite que nous faisons l’expérience de l’amour indéfectible de Dieu pour chacun de nous.          
Marie, la première en chemin marche avec nous sur les chemins de l’Evangile.

Aujourd’hui, le Seigneur appelle chacun de nous à l’accueillir, à lui faire confiance, à entendre son appel et à le suivre.

J’invite chacun de nous présent dans cette chapelle à écouter dans son cœur quel est l’appel auquel il sent devoir répondre :

Est-ce, comme Isaïe, l’appel à servir Dieu qui seul est saint et à faire de tous ses actes quotidiens un hommage au Créateur et Sauveur ? Ou encore l’appel à faire la justice, à rappeler la fidélité ?

Est-ce, comme Paul, l’appel à témoigner de l’Evangile et de la croix de Jésus dans son entourage, en famille, au travail, auprès des amis ou des voisins ? Ou encore l’appel à servir, à enseigner, à rappeler la vérité ?

Est-ce, comme Simon-Pierre, l’appel à rassembler, à réunir ceux qui sont éloignés, à rechercher ceux qui se sont perdus ? Ou encore l’appel à organiser la communauté à soigner la liturgie ?

Est-ce, comme Marie, à donner la vie, à aider les enfants à grandir, ou ceux qui ont besoin de secours, de tendresse, d’encouragement ? Ou encore l’appel faire entièrement confiance à Jésus, comme à Cana où elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-l ! »

Quelle que soit la vocation à laquelle nous répondrons, nous nous appuyons sur la présence de Marie sur nos chemins de foi. Elle qui est toute confiance en Dieu, sait intimement que Dieu lui fait confiance. Elle sait que Dieu à l’audace de nous faire confiance. Quelle merveille !

Notre Dame de la Confiance, priez pour nous !

Frère Michel Stoeckel

Homélie du dimanche 27 janvier 2019, 3ème dimanche ordinaire de l’année C

Homélie du 27 janvier 2019, 3ème dimanche ordinaire de l’année C

Néhémie 8, 2-4a.5-6.8-10 – Psaume 18(19), 8-10.15 – 1 Corinthiens 12, 12-30 – Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

Nous sommes encore au début de notre année liturgique, appelée ‘année C’ au cours de laquelle nous suivrons l’Evangile de Luc de dimanches en dimanches.

Aujourd’hui commence cette lecture suivie avec ces deux sections inaugurales des chapitres 1 et 4.

Saint Luc s’adresse à un certain Théophile que nous ne connaissons pas par ailleurs et qui est peut-être un personnage symbolique inventé par Luc pour s’adresser aux communautés chrétiennes qu’il enseigne et soutient.

Dans ses écrits, St Paul désigne Luc comme ‘le cher médecin’ (Col 4,14 ; cf. Phl 24 et 2Tm 4,11) qui l’a accompagné dans de nombreuses circonstances de ses voyages. C’est un homme de langue grecque qui s’adresse à des chrétiens d’origine non juive dans une langue belle et souple.

Il est l’auteur de deux des livres réunis dans le Nouveau Testament : l’Evangile selon St Luc et les Actes des Apôtres qui sont comme les deux tomes d’une même œuvre. Le premier est centré sur le Christ Jésus et le second sur l’Esprit Saint dans l’Eglise naissante qui prolonge dans le monde ce que Jésus a commencé dans son corps et son sang de palestinien, principalement en suivant les missions de St Paul jusqu’à sa captivité à Rome.

Ces deux livres ont du être achevés vers les années 80/90 du premier siècle, soit une bonne cinquantaine d’années après la Résurrection de Jésus. Pour ceux qui le peuvent, rappelez-vous ce que vous viviez il y a 50 ans : vous avez besoin de photos et de documents matériels pour que votre mémoire soit fidèle !

Luc a donc plusieurs documents à sa disposition, en plus de ses propres enquêtes pour écrire le récit de son Evangile. Il dit bien qu’ils sont nombreux, ceux qui ont entrepris de ‘composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous’.

Il poursuit : « c’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, d’écrire … un exposé suivi ». Pourquoi donc a-t-il eu besoin d’écrire un récit supplémentaire ? Cela reste un mystère, mais on pense que les nouveaux chrétiens non juifs avaient besoin d’un accès à Jésus qui soit moins pétri de judaïsme et plus proche de leur culture grecque. Et puis, il y a cet inédit de Luc que sont les Actes des Apôtres où il semble dire à ces pagano-chrétiens : ce que Jésus a commencé dans son corps d’homme en Palestine se poursuit dans son Eglise que vous êtes pour l’annonce de la Bonne Nouvelle au monde entier.

Je vous fais remarquer que nous avons ainsi non pas un récit seul factuel des faits et gestes de Jésus mais 4 Evangiles qui parlent bien tous de Jésus, mais pas de la même manière. Ils sont même contradictoires sur certains points parfois importants. C’est une merveilleuse grâce de Dieu que cette multiplicité des regards sur la personne de Jésus. En effet, nous sommes ainsi prémunis de toute tentative idéologique sur Jésus : aucun enseignant ne pourra jamais dire une parole définitive sur Jésus. Ainsi, chacun des croyants apporte au concert des regards sur Jésus sa touche unique qui nourrit la foi de toute l’Eglise.

Confiants donc dans la solidité des enseignements reçus dans l’Evangile, nous pouvons accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus, les fruits de sa présence qui libère les prisonniers, guérit les malades, réjouit les pauvres et délivre les opprimés.

Ce dimanche que nous vivons nous invite à ouvrir notre Bible, spécialement au Nouveau Testament pour accueillir la Parole puissante et féconde de Dieu en Jésus, l’Envoyé du Père, le Sauveur du monde.

En prenant Jésus avec nous, en nous, nous sommes introduits dans la joie de Dieu. Or la première lecture se conclut par ces mots : « La Joie du Seigneur est notre rempart ! »

Relisez ce récit du livre de Néhémie et voyez comme la lecture solennelle de la Parole de Dieu au cous d’une assemblée suscite la joie de tout un peuple, qui se trouve réconforté après bien des malheurs, reconstruit par l’œuvre de la joie de Dieu.

Au passage, cela souligne l’importance des textes bibliques de la liturgie de la Parole au cours de la Messe. Et j’en profite pour vous inviter à une écoute attentive et préparée de ces textes. En effet, si nous les découvrons au moment où ils sont lus (souvent très bien) par des lecteurs, nous risquons fort de ne pas les comprendre ni d’en saisir le suc. Je vous invite donc avec force à préparer ces lectures à la maison : le dimanche avant de partir pour la messe, ou mieux encore, au cours de la semaine pour se familiariser avec eux et les goûter joyeusement lors de leur proclamation liturgique. A cet effet, on fait de très bons missels, permanents ou périodiques comme Prions en Eglise ou Magnificat, et même d’excellents sites internet où on peut facilement approcher ces textes.

Là, dans cette Parole puissante qui atteint nos cœurs à travers nos oreilles, se trouve une grâce tout aussi nécessaire que la communion au Corps et au Sang du Christ pour nourrir notre vie de croyant et notre agir de chrétien tout au long de la semaine.

Car elle nous construit, cette Parole sainte de Dieu, elle nous permet, chacun avec sa personnalité, ses dons et son histoire, de donner forme à la grâce de Dieu, celle que répand en nous l’Esprit Saint.

Si nous relisons le passage de la lettre aux corinthiens, nous voyons que chacun de nous est à parité avec tous les autres, chacun apportant son charisme à la construction de l’assemblée. Nous voyons aussi que c’est le Seigneur qui construit son Eglise en peuple organisé pour la mission.

Ainsi, en communauté croyante, ce que nous sommes ici, il est vital que nous rejetions toutes les rivalités, jalousies et envies les uns vis-à-vis des autres, et même tous les jugements les uns sur les autres. Si nous avons des aptitudes différentes, ce n’est pas pour que nous en soyons jaloux, mais pour que nous les mettions au service joyeux et fraternel des autres qui ont, chacune et chacun, d’autres aptitudes et capacité à offrir pour la mission commune.

Rappelons-nous ce qui s’accomplit parmi nous et que souligne par deux fois notre Evangile de ce jouir : l’Esprit du Seigneur est sur nous pour que nous annoncions la Bonne Nouvelle aux pauvres, que nous renvoyons libres les prisonniers, que nous permettions aux aveugles de recouvrer la vue, que les opprimés connaissent leur délivrance et qu’un temps de grâce de Dieu offre la réconciliation avec Dieu, entre nous et avec tous nos frères humains.

Frère Michel Stœckel

Homélie du P. J.-Pierre Ledoux aux obsèques de M Maxime Mergault (24 janvier 2019 à Ste Marie des Batignoles)

 Homélie.  Jeudi 25 janvier 2019.  Ste Marie des Batignolles.

Maxime Mergault est né à Avignon le 26 janvier 1922, il y reste jusqu’à l’âge de huit ans. Son père y tient un café-restaurant, sa mère est aide-soignante.

Ils partent à Paris 12°, tandis que sa mère est gardienne  d’immeuble, son père y fera beaucoup de petits travaux, chauffeur de taxi, en donnant un coup de main à un boulanger, il prend goût à ce métier. Lorsqu’ils partiront à  Gouex, village berceau de sa famille, son père y installera la première boulangerie.

Maxime faisait toujours ce qu’il voulait.

On voulait lui faire apprendre le  violon, lui ne voulait pas. Il coupe  les cordes de son instrument.

1939 : Maxime  a 17 ans, il prépare le concours d’entrée aux Arts et Métiers. La guerre éclate. Avec trois camarades il veut participer à la guerre, s’engager dans la marine. Il n’est pas majeur, a besoin de l’autorisation de son père. Son père n’est pas d’accord : « passe le concours des Arts et métiers, si tu réussis on verra. »

« Pas la peine de me présenter, je le rate, et je m’engage. ». Il entre dans la marine.

Après une formation de timonier, il embarque sur le contre-torpilleur « Epervier », escorte des navires de commerces en Méditerranée et vers l’Angleterre. Timonier sur le Milan il prend part à la chasse d’un cuirassier allemand en Atlantique sud. Campagne de Norvège. Mai 40, enfer de l’évacuation de Dunkerque. Dakar. Oran.

Accrochages avec la Marine anglaise. L’Epervier est touché. Maxime nagera jusqu’à la côte en poussant un canot

plein de blessés. Il reçoit la Croix de Guerre 39-45.

Lorsqu’à la demande de sa fille Nadine, Maxime ira présenter la guerre aux lycéens  à Vienne, les jeunes seront passionnés par son intervention, ils en redemanderont tous les ans….

Un jour, en permission, il veut voir sa marraine de guerre, elle travaille dans un bureau des Contributions Directes. Les portes sont fermées. Il escalade le mur, passe par la fenêtre, rejoint Antoinette dans son bureau.

Juillet 1945, il revient de la guerre, épouse Antoinette, ils auront trois filles qu’il adore : Michelle, Nadine, Catherine.

16 septembre 1945, il entre à la SNCF.

Pas de diplôme. Commis au secrétariat, il distribue des cartes d’alimentation aux cheminots. Toujours 1° aux cours du soir, il devient Trésorier. Puis Formateur au  Château du Vernais pour des enfants de cheminots de toute le France. Il avait juste 2 ou 3 ans de plus que les élèves. Il resta longtemps fidèle aux rencontres des anciens élèves.  C’est d’ailleurs là que fut baptisée Michelle.

A chaque  fois que ses responsabilités grandissent, il doit changer de lieu avec sa famille : Laroche Migènnes, Dijon, Besançon.

1956, il est muté à la Scéta, service de camionnage de la SNCF.

1981, Directeur d’un ensemble de services routiers  de 1200 personnes.

5 ans après, en 1986, Directeur Général de Sceta Marchandises.

Admiratif de son énergie et de son courage, on dit de lui qu’il « croit dur comme fer à l’importance de l’équipe, mais c’est lui qui tient la barre fermement, c’est le patron à bord ». Main de fer dans un gant de velours, on l’appelle « Papa Max ».

1987  Maxime  prend sa retraite.

Malgré tout  ce débordement d’énergie, Maxime était : « Père très aimant, modèle familial d’amour, toujours à l’écoute. » Confident, avec toujours le mot juste, il garde toujours tout pour lui. » Optimiste, envie de vivre, plein de projets,

En bon marin, il était bon cuisinier. Convivial il aimait inviter chez lui, il y avait du style, c’était une fête, un régal.

7 novembre 2009 Antoinette décède : moment très difficile pour Maxime.

L’action le remet en route : il fonde des clubs Sceta Marchandise, bridge, voyage.

A Notre Dame de la Confiance il est très présent, il fonde la bibliothèque de rue.

Samedi  1° décembre 2018, il est présent toute la journée pour la collecte de la Banque  Alimentaire.

La veille de son départ, vendredi passé, 18 janvier, à la clinique, il ouvre son agenda : « dans trois jours réunion, je dois y aller, la semaine prochaine, réunion je dois y aller ».

Toujours aussi déterminé, mais son corps n’a pas suivi. Le lendemain matin, samedi, son cœur s’arrêtait.

Il est parti comme il l’aurait souhaité.

En arrivant là-haut chez  Dieu, il a du crier : « Anette, où es-tu ? ». Elle a du lui dire « ne parle pas si fort. »

Quand les anglais avaient coulé son bateau, l’Epervier, devant le port d’Oran, les explosions lui avait crevés les tympans.

Les Paroles de la première lettre de St Jean et celles de son évangile que vous avez choisies

nous révèlent l’origine de l’Humanité, de la Force qui anima Maxime.

 « Ne soyez pas bouleversés, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »

 « Là où je suis, vous y serez aussi. » : ce que Jésus portait en lui, sa vie de Fils de Dieu, son amour pour tous les hommes, il est venu pour le transmette à chacun de tous les hommes.

« Pour aller où je m’en vais, vous connaissez le chemin : Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ».

Jésus est la Vérité : ce que Jésus portait en lui, lui, Parole de Dieu, le Fils bien-aimé du Père, c’était cette union à Dieu son Père, qu’il aimait retrouver dans la prière lorsqu’il partait seul dans la nuit.

Jésus vérité du Fils de Dieu, Jésus vérité de l’homme, enfant de Dieu.

La Vérité pour nous les hommes, pour Maxime?

« Nous devons aimer en actes et en vérité, en agissant ainsi, nous reconnaitrons que nous appartenons à la vérité », nous dit St Jean dans sa lettre. Vivant à la suite de Jésus-Christ, cherchant à aimer comme Lui, avec Lui, nous réaliserons notre vérité d’homme, notre vérité de fils de Dieu. C’est ce que Maxime a cherché à faire.

Jésus est la Vie : ce que Jésus portait en lui c’était cet amour de Dieu son Père pour tous les hommes, amour qui le faisait parler, guérir, sans chercher à se reposer le jour du Sabbat : « Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille, dit-Il aux Pharisiens qui lui reprochaient de travailler le jour du sabbat.

La Vie pour nous les hommes, pour Maxime? « parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie » nous dit encore St Jean dans sa lettre. C’est ce que Maxime a voulu faire, il fut pleinement vivant parmi nous, il est maintenant pleinement vivant de la vie de Dieu.

Maxime a suivi ce Chemin qu’est Jésus-Christ, il a ainsi réalisé sa vérité d’homme, sa vérité d’enfant de Dieu. Maxime n’a jamais été bouleversé, en vrai pauvre, il ne s’accrochait à rien :

muté à la Scéta, il dit : « J’ai répondu : oui, sans hésitation, car j’ai toujours considéré qu’il faillait saisir chaque opportunité de s’enrichir professionnellement. » Il faisait confiance envers et contre tout, ce qui lui fit escalader tous les échelons au service de la société, et montant dans la hiérarchie du travail, il a su  transmettre à un nombre de plus en plus grand de personnes ce qu’il portait de meilleur au fond de lui-même, il était : un Roc, le Patriarche, un Pilier, un référent, un modèle, il tire les autres vers le haut, « ça s’arrangera », toujours plein d’espoir, c’est une leçon de vie. « C’est un grand Monsieur qui grave dans les cœurs sa devise « je maintiendrai »

 Et nous maintenant ?

Rendons grâces au Seigneur pour cette vie de Maxime, magnifique, exemplaire, bien remplie, il aurait eu  97 ans dans deux jours, samedi.

A notre tour, comme lui, faisons confiance à ce qui est de meilleur en nous  et partageons-le au plus grand nombre de personnes.

En imitant le meilleur de ce qu’a vécu Maxime, en imitant le meilleur de ce qu’ont vécu ceux qui nous ont précédés, nous restons avec eux dans le même souffle, dans le même Esprit de Jésus, nous sommes en communion avec eux, avec Maxime.  C’est la communion des Saints que nous affirmons ensemble le dimanche dans le « Je Crois en Dieu ».

Jean-Pierre Ledoux

Fête du Baptême du Seigneur

Homélie du Dimanche 13 janvier 2019 : Baptême du Seigneur

1ère lecture : Isaïe 40, 1-5.9-11,
Psaume 103 (104), 1c-3a, 3bc-4, 24-25, 27-28, 29-30,
2ème lecture : Lettre de St Paul à Tite 2, 11-14 ; 3, 4-7,
Evangile selon St Luc 3, 15-16.21-22

 

Nous connaissons bien Jean-Baptiste. Du moins connaissons nous tous un Jean-Baptiste dans nos relations. Le Prénom est assez courant et nous n’y faisons pas vraiment attention.

Ici, Jean, fils de Zacharie et d’Elisabeth, cousin de Jésus, est appelé Baptiste parce qu’il baptise !

Baptiser, c’est plonger les gens dans l’eau.

Ce n’est pas tellement comme quand on entre à la piscine par un plongeoir. Il s’agit plutôt d’être trempé dans l’eau. Trempé, détrempé, imprégné du liquide dans lequel on baigne.

Comme un linge sale qu’on fait tremper dans une lessive pour le ravoir. Trempé aussi comme un acier ou un verre qu’on plonge brûlant dans un bain froid pour qu’il acquière de nouvelles qualités de fiabilité et de force.

Le Baptême de Jean nous trempe et nous détrempe dans l’eau pour notre purification

Le Baptême en Jésus nous transforme en nous conservant notre personnalité mais en nous conférant des capacités de foi, de courage et d’espérance qui viennent du seul Jésus, Baptême dans le Feu de l’Esprit Saint.

Nous célébrons aujourd’hui ce Baptême de Jean reçu par Jésus comme il était donné à tout un peuple de pénitent en attente de délivrance.

Jésus se rend solidaire de son peuple pécheur en attente de la grâce que seul Dieu peut donner.

Ce faisant, Jésus consacre l’attitude de pénitent qui doit donc aussi être la nôtre : par nous-mêmes, nous ne pouvons pas nous sauver. Dieu seul peut nous délivrer du mal.

Le sommet de cette attitude d’abandon dans les mains du Père que Jésus adopte , c’est bien sûr sa Passion et sa mort en Croix.

Il nous partage cet abandon lorsqu’il nous donne son Corps et son Sang en nourriture : il se plonge en nous, il se trempe en nous pour que nous nous détrempions de sa vie et de son action d’abandon à la grâce de Dieu.

Ainsi, le peuple en attente que nous sommes avec tous les disciples de Jean-Baptiste est-il un peuple de la foi et de l’espérance.

Aujourd’hui dans les médias, on parle beaucoup du peuple, des peuples. C’est un terme qui trouve une nouvelle notoriété. Mais tous ceux qui en parlent ne parlent pas tous du même peuple, de la même acception du mot ‘peuple’.

En politique, notamment, les partis d’extrême droite comme d’extrême gauche revendique d’être le peuple. Les gilets jaunes le revendiquent aussi. Les autorités gouvernementales parlent aussi du peuple français pour l’appeler à faire des efforts supplémentaires !

Le peuple est donc parfois en colère, parfois convoité, parfois réquisitionné, parfois fatigué et indifférent.

Dans sa jeunesse et dans ses pérégrinations en Palestine, Jésus a écouté son peuple. Parfois, il ‘a interpelé vivement, parfois il l’a consolé. Mais le peule auquel il s’est solidarisé, c’est me peule des pécheurs en attente de délivrance.

Imprégné de l’attente de son peuple, Jésus ouvre le ciel, enfin ! Par nôtre baptême, nous sommes enfin libéré de cette expérience que ce n’est même pas la peine d’essayer faire du mieux parce que ça ne marche jamais !

Par notre Baptême, nous sommes configurés au Christ, le Fils de Dieu qui ne peut rien par lui-même, mas qui reçoit tout de son Père.

Avec Jésus et avec la puissance de l’Esprit Saint dans lequel nous sommes forgés, nous pouvons enfin être un peule ardent à faire le bien, comme le dit St Paul.

C’est très décisif pour nous au quotidien.

En effet, si nous croyons que nous sommes enfants de Dieu -et nous le sommes-, nous avons désormais la capacité d’agit dans le sens de l’Evangile et du Royaume de Dieu.

Tout d’abord en démasquant les tentations qui nous assaillent et en y renonçant. Notamment les tentations de découragement, de colère, d’orgueil ou d’égoïsme.

Puis en ne nous laissant pas mener par le bout du nez de nos réactions instinctives. Il est nécessaire de poser des actes réfléchis et non pas des réactions affectives. Cela nous permet de discerner ce qui est meilleur pour le bien des autres plutôt que pour nous-mêmes.

Vous l’avez bien éprouvé au moins une fois dans votre vie lorsque vous avez vraiment fait du bien : la joie ! la vraie joie profonde. Non pas l’excitation d’avoir gagné quelque chose pour nous-même, succès, vengeance ou tranquillité, mais la joie d’avoir été ardent à faire le bien, comme Jésus, comme le Père, comme les enfants de Dieu qui ne vivent que de Lui.

Cette joie-là, c’est celle du Père lui-même ! Il le dit à son Fils lorsque celui-ci se plonge et se trempe dans le peuple que nous sommes, un peuple désireux et pauvre qui se tourne en tout vers Dieu.

Frère Michel Stœckel

Homélie du 25 novembre 2018, fête du Christ Roi de l’Univers

Fête du Christ, Roi de l’Univers     25 novembre 2018

Daniel 7, 13-14 / Psaume 92 (93) / Apocalypse 1, 5-8 / Jean 18, 33b-37

Aujourd’hui, avec la fête du Christ Roi de l’Univers, nous achevons une année de la foi en célébrant notre Seigneur Jésus-Christ recevant de son Père toute puissance et gloire.

D’une certaine manière, nous sommes bien content pour Lui et même, nous sommes un peu honorés que ce soit notre Seigneur qui bénéficie de ces titres !

Mais en quoi cela éclaire-t-il notre quotidien ou notre prière de croyant ?

Dans le récit de Daniel (1ère lecture), nous avons pu remarquer que Celui qui reçoit tous les insignes de la royauté ne les prend pas de lui-même, mais il les reçoit. Etrange roi qui ne s’impose pas par la force mais qui accueille dans l’humilité. Notons alors ce curieux paradoxe de l’alliance de la puissance et de l’humilité auquel nous reviendrons tout à l’heure.

Le Psaume 92 nous a fait acclamer la magnificence de Dieu, c’est-à-dire sa grandeur généreuse, dont il s’est revêtu. Retenons, la notion de générosité.

Le passage de l’Apocalypse célèbre le Souverain des rois de la terre qui a été transpercé et sur qui tout le monde fait une lamentation. Là encore, curieux paradoxe mêlant la gloire et la Passion de Jésus.

Enfin, l’Evangile nous montre Jésus, humilié, menotté et traîné devant une autorité d’occupation, qui s’interroge sur sa royauté. Le passage s’achève sur le mot « vérité ». Nous savons que ce qui suit, c’est la question de Pilate : « Qu’est-ce que la Vérité ? »

Quel est donc ce grand roi que nous célébrons pour clore notre année ?

Relisons notre année : est-elle royale ? Quelle est la vérité de notre année, celle avec un petit « v » et celle avec un « V »majuscule ?

Avec un petit « v », ce n’est peut-être pas très brillant ! Nous avons vécu tant de choses depuis un an : des journées très ordinaires de travail, de vie de famille ou de solitude, d’événements heureux ou attristants, des passages marquants peut-être, comme d’entrer au collège ou au lycée, ou de changer de travail ou de logement, d’accueil d’un enfant ou aussi de deuil. Une seule chose est certaine : nous avons tous vieilli d’un an !

Et maintenant, mettons un grand « V » majuscule à notre année : qu’avons-nous vécu avec Jésus ? Où a-t-il été présent dans notre année ?

Le plus évident, c’est notre participation à la Messe, plus ou moins régulière : là, nous avons reçu la Parole de Dieu, nous avons reçu la Paix du Christ transmise par nos voisins de messe et, pour la plupart d’entre nous, nous avons reçu le Corps et le Sang du Christ en communion.

Rappelons-nous : à certains dimanches, cette communion a été un peu distraite, comme un rituel qu’on accomplit sans trop y penser. Mais certaines fois, nous avons vraiment reçu une grâce de présence du Seigneur en nous, et cela nous a donnée une grand joie intérieure, un réconfort et une chaleur qui nous ont fait du bien. Bienvenue en moi, mon Roi, mon Sauveur et Seigneur qui prend ton pauvre disciple en amitié !

 

Mais allons plus loin dans l’examen de notre année avec Jésus.

Il y a eu les temps de prière, cette prière que nous faisons régulièrement dans notre chambre ou en famille, ou celle que nous faisons avec d’autres en petit groupe de croyants. Cette prière est précieuse parce qu’elle n’est pas obligatoire et prescrite comme la messe dominicale. On y offre au Seigneur un peu de son temps, un peu de son attention. On y écoute un passage de la Bible ou un mystère du Rosaire, on médite sur l’œuvre de Dieu.

Et puis surtout, on intercède pour plein de gens : ceux qui souffrent, ceux qui sont loin, ceux qui ont besoin de Dieu ou de justice, ou de guérison, ou d’amitié, ou de travail, etc. Oh comme c’est modeste, cette prière que l’on fait avec foi, mais parfois sans trop croire que les effets de la prière seront réels !

Est-ce que le Christ, Roi de l’Univers se soucie de cette humble prière chaotique et imparfaite ? Sans doute, oui, nous le croyons, nous osons le croire, même si c’est un peu dans la nuit. Nous osons croire que le Christ Jésus prend notre prière comme une énergie qui est mise à sa disposition pour faire du bien sur la terre.

Cela n’est pas visible aux yeux incroyants ni aux yeux du monde, mais c’est la force de la foi qui nous l’affirme : le Seigneur Jésus agit aujourd’hui pour que son Royaume grandisse et soulage les peines des hommes.

Et puis, ,il y a, dans l’année écoulée, les gestes d’amour que nous avons posés.

Oh, certes, nous n’avons pas posé que des gestes d’amour : nous avons paressé, jalousé, médit, volé peut-être, fait du mal, pas toujours intentionnellement, … Bref, ce n’est pas brillant dans l’ensemble. D’accord !

Mais nous avons aussi aimé, … vraiment. Revisitons intérieurement cette année d’amour.

De quoi est-elle faite cette année d’amour ? de don de soi, de confiance renouvelée au conjoint, aux enfants, de fatigues pour venir en aide à quelqu’un, proche ou inconnu, d’initiative pour créer un activité utile …

Et si nous regardons bien les gestes saints dont nous avons été capables, ne sont-ils pas tous des actes de service ?

Ah, si, parfois, on rend un service pour se faire valoir, se faire bien voir ; pour attendre le retour d’ascenseur. Mais là, nous savons bien que ce n’est pas du service, mais du troc ou de l’intérêt personnel égoïste ou orgueilleux. Laissons cela pour l’instant. Gardons seulement, à ce sujet, l’intention de demander pardon dans le sacrement de la confession et dans la conversion.

Mais ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain. Si nous sommes certes, des pécheurs, nous ne sommes pas que cela ; nous sommes aussi filles et fils de Dieu par le Baptême, capable d’actes du Royaume de Dieu !

Et donc, nous avons fait aussi du bien dans l’année : du bien en servant nos frères. C’est là la puissance du Christ, d’avoir réussi à nous faire aimer les autres ! C’est ainsi qu’il est Roi ! Si nous avons pu aimer, ne serait-ce qu’un tout petit peu, c’est par le Christ, Roi mort pour nous et ressuscité pour la gloire de Dieu, qui habite en nous !

Voyez comme avec Lui, le Fils de l’Homme, sont approchés du Trône tous ceux qui ont offert leur amour gratuitement, comment ces moments d’amour sont munificents, comme ils sont le premier et le dernier mot de la vraie vie, la Vérité avec un grand « V » majuscule, en somme !

Ce que nous célébrons, c’est l’accomplissement de la volonté éternelle de Dieu : le triomphe de l’amour par le service généreux du frère, ce que le Christ Jésus a rendu possible par sa Passion, sa Résurrection et son Evangile. Bonne arrivée au Ciel avec Jésus, le Roi de l’Univers !

Fr Michel Stœckel, chapelain

homélie du 04 novembre

Marc 12,28b-34

Dans l’évangile je relève deux points :

1 – l’amour de Dieu est premier et nous ne pouvons le vivre qu’en associant le second : tu aimeras ton prochain comme toi-même

Dans la première lettre de St jean, l’apôtre va encore plus loin écrit. Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu », alors qu’il a de la haine contre son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, est incapable d’aimer Dieu, qu’il ne voit pas. Et voici le commandement que nous tenons de lui : celui qui aime Dieu, qu’il aime aussi son frère.

Mais quel est cet amour dont parle Jésus

Aujourd’hui l’amour est lié au sentiment et tant que dure le sentiment notre cœur est ouvert

Pour les juifs du temps de Jésus, le cœur est à la fois conscience et mémoire, intuition et force morale. C’est dans le cœur que s’enracinent l’attitude croyante et la fidélité à Dieu. En résumé  Notre cœur est associé à notre volonté d’aimer.

Mere Teresa avait bien compris cet amour quand elle a vécu comme d’autre Saint pendant 40 ans la nuit de la foi : pour moi – le silence et le vide sont si importants – que je regarde et je ne vois pas, que j’écoute et que je n’entends pas. » Ainsi les mots de « sécheresse », « obscurité », « isolement ».

Mere Teresa a donc continué à faire le pas de la foi, à s’abandonner à Dieu et, surtout, à vivre Dieu. Or tel est bien l’essentiel : non pas ressentir Dieu de manière tangible, trop humaine, mais le vivre dans l’amour concret du prochain. Elle a, en quelque sorte, « quitté Dieu pour Dieu », préférant, aux grands sentiments spirituels et sentimentaux, la charité vraie envers le prochain. En lui, plus sûrement encore, on peut rencontrer Dieu. Elle ne percevait plus sa présence dans la prière, mais seulement dans la compassion pour les pauvres.

Si l’on peut risquer une comparaison, ce serait celle du sentiment amoureux. Il envahit la personne tout entière aux premiers temps de la rencontre, puis peut se faire plus discret, moins sensible par la suite. L’amour n’est pas mort pour autant. Sentir que l’on aime et aimer sont choses différentes. Sentir Dieu et croire en lui aussi.

Etienne a vécu avec sa femme atteinte de la maladie d’Alzheimer cette compassion pendant 5 années ou il faisait 50 kms tous les jours pour aller lui rendre visite dans sa résidence spécialisée. Quand il arrivait, elle lui parlait 3 mn puis l’injuriait et le renvoyait. Le lendemain de nouveau il était là auprès d’elle avec le même sourire. C’est cela aimer avec toute notre force intérieure.

 

2  Nous sommes dans l’esprit de la Toussaint et de l’évangile des béatitudes : Heureux es-tu :« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »

 

Nous aussi comme le scribe nous ne sommes pas loin du royaume de Dieu, puisque nous voulons donner un sens à notre vie, à notre travail, à nos souffrances, puisque nous voulons prendre du recul par rapport au tourbillon de notre vie ; puisque nous voulons échapper à l’engrenage de la routine, au mensonge des relations superficielles, à tout ce qui rapetisse notre vie.

Nous ne sommes pas loin , car nous avons compris qu’il faut vouloir concrètement pour notre frère ce que nous voulons pour nous : une vie joyeuse, donnée, efficace, la reconnaissance par les autres, et l’amitié de Dieu.

 

Allons plus loin, interrogeons nous : Si les scribes et les pharisiens reconnaissaient en jésus un prophète, écoutaient ses paroles et s’émerveillaient de ses miracles, pourquoi l’ont-ils crucifié ?

Un Dieu qui se fait homme, serviteur de tous, mendiant d’amour, c’était inconcevable pour eux.

La question nous est aussi posée à nous, Sommes nous prêts à reconnaitre Jésus dans le plus misérable ?

 

Pour reconnaitre Dieu dans l’église par exemple , nous voulons des prêtres sur tous les fronts, aumônier scout, d’aumônerie en visite chez tous les paroissiens mais notre réaction face à certains ordres monastiques est parfois mitigée : Est- ce raisonnable, utile ?

Le silence et l’inefficacité apparente de Jésus sont de trop pour nous ! ca nous éprouve nécessairement: le plus grand don dans l’obscurité la plus radicale!

Dans ce temps de la Toussaint nous fêtons les mendiants de Dieu

Jozef De Veuster, dit le Père Damien, il se porte volontaire pour visiter les lépreux déportés sur l’île de Molokaï. Il choisit de s’établir avec eux et de 1873 à sa mort en 1889, il partage leur quotidien et s’identifie à eux. Il organise pour eux une véritable communauté humaine et ecclésiale : église, orphelinat, villages avec maisons individuelles, hôpital, routes. En 1884, le père Damien contracte la lèpre dont il meurt en 1889 à l’âge de 49 ans.

La béatification des moines de Thiberine le 8 décembre prochain nous parle aussi de l’amour donné sans efficacité: un lieu de paix et de prière.

F Paul(Extrait d’une lettre à sa mère, 24 mars 1991 – )

L’amour s’est fait mendiant pour mendier notre amour. A vues humaines tout a l’apparence de l’échec ridicule. C’est dans cet abaissement, cet anéantissement que se réalise notre salut.

Oui, en donnant sa vie le Christ est vainqueur de la mort et nous libère de la nôtre en nous invitant à son exemple à remettre notre vie entre les mains de Père.

Michel de la Giraudière – Diacre permanent NDC

Homélie du 7 octobre 2018

Impossible de ne pas parler du couple à l’écoute de ces passages bibliques !

Dans notre assemblée, il y a des couples mariés, assez nombreux, d’âges différents, d’histoires différentes.
Chacun pourrait nous témoigner de la joie d’être unis à deux pour former une famille, de la joie de s’aimer et de se soutenir.

Ils pourraient aussi nous dire qu’être un couple est loin d’être une vie de bisounours !
On y vit des périodes douloureuses de fossés immenses entre les deux membres du couple, fossé re reproches, d’incompréhension ou d’aveuglement, sans parler des galères et malheurs affrontés ensemble.

A ND de la Confiance, il y a un groupe pour parents seuls, et c’est très bien. Mais il y a aussi beaucoup de services dans l’Eglise où des couples peuvent venir se ressourcer, partager leur expérience, leurs joies et leurs galères, se réparer, se soutenir et prier,
parce qu’il est vital de trouver des forces, de nourrir une relation de couple avec soin, sans quoi le ménage dépérit.

Et s’il y a un groupe de parents seuls, c’est bien parce qu’il y a parmi nous un bon nombre de familles bâties sur un seul adulte, souvent la maman.
Et dans ce groupe, on partage aussi la vie de parent seul, avec ses satisfactions mais aussi ses problèmes souvent lourds, fatigants et douloureux.

La vie de famille, ce n’est donc pas la facilité. Parole de célibataire !

En effet, celui qui vous parle est un célibataire. Comme il y a parmi nous un certain nombre de célibataires. Ceux-ci aussi pourraient vous dire que le célibat n’est pas toujours facile à vivre !

A vrai dire, je ne connais pas de vie facile : ça n’existe pas ou alors, c’est factice. Pas contre, je connais beaucoup de gens heureux d’avoir pris un engagement ferme, même avec ses rudesses.

Lorsque  nous faisons des choix dans notre vie, c’est donc illusoire de choisir la facilité apparente
et ce n’est donc pas ce que Dieu veut nous dire aujourd’hui.

Je remarque que Jésus aussi est célibataire et que c’est lui qui parle de la splendeur du couple qu’il ne faut jamais séparer si Dieu l’a uni.

Jésus, c’est le Fils de Dieu qui n’a pas honte de nous appeler ses frères (2ème lecture d’He 2)
et surtout de payer le prix de la souffrance et de la croix pour nous sauver et nous ouvrir la vraie vie, celle de Dieu.

De quoi nous sauve-t-il ?
Du mal qui nous tient prisonniers, du péché qui être notre manque d’amour
ou de notre amour défiguré et caricatural,
de notre orgueil et de notre tendance à l’individualisme et à l’autosuffisance.

Car la vraie vie, celle de Dieu, est d’abord une circulation d’amour entre des personnes qui se lient entre elles
et se donnent sans réserve à l’autre,
ce qui fait surgir encore plus de vie dans une fécondité joyeuse.

Notre vocation à tous, c’est d’être comme Dieu !
C’est de lui ressembler dans sa propre vie de Père, Fils et St Esprit.

D’ailleurs, lorsque Dieu crée l’être humain, il le crée couple à son image,
homme et femme.

C’est le couple d’un homme et d‘une femme qui est la véritable image de Dieu.

C’est bien plus lumineux que de penser que c’est une personne individuelle qui est image de Dieu :
c’est le couple d’un homme et d’une femme qui se lient pour la vie,
pour le don de soi généreux par amour.
C’est cela qui est le mariage, en particulier dans le sacrement du mariage qui est un des plus merveilleux trésors de l’Eglise.

Nous les disciples de Christ, nous sommes témoins de cela par notre foi et pas toute notre vie.
Du moins le devrions-nous ! Et c’est à cela que nous aspirons de tout notre cœur et de toute notre énergie.

Ainsi, le mariage est la vocation la plus nécessaire
et elle est presqu’universelle.

Les vocations de célibataires sont uniquement au service de cette vocation du plus grand nombre au mariage.

C’est à cette vocation que nous devons appeler principalement les jeunes de notre communauté.

Ils constatent que leurs familles sont construites de manières variées, avec un ou deux parents, mariés ou non.
Ils peuvent constater qu’aucune forme de vie familiale n’est facile.

Mais ils doivent avoir sous les yeux le témoignage de la foi des adultes. Celle-ci tend de toutes ses force à vouloir imiter Dieu, lui ressembler
et aimer comme lui, en premier lieu dans la famille, quelle qu’elle soit.

Il doivent pouvoir ressentir  qu’il y a en eux un appel de Dieu à être très ambitieux pour l’amour
et à former dans leur vie un couple unique, stable et fidèle, courageux et persévérant, heureux de son engagement.
Merci les couples mariés.

Mais de la part des autres adultes aussi,
ceux qui ne sont pas en couple d’un homme et d’une femme mariés,
ils doivent pouvoir recevoir cet appel à désirer ressembler à Dieu
Ils doivent pouvoir se former résolument dans cette perspective de fonder un couple dans le sacrement du mariage.

C’est l’affaire de tous les adultes chrétiens, mariés, parents seuls ou célibataires de servir cette vocation des enfant et des jeunes.

L’éducation à l’engagement et à l’affectivité ne consiste pas seulement à inciter sa fille à aller au Planning Familial pour se faire délivrer la pilule !
Il est sans doute bon qu’on apprenne très tôt aux petits, à l’école et en famille à respecter l’autre de l’autre sexe, à le reconnaître et l’aimer, le servir ; bien sûr en adaptant à l’âge des enfants cette éducation à la relation et à l’affectivité.
Les soucis des parents et des jeunes ne doivent pas se limiter à espérer que les jeunes ne deviennent pas parents avant d’être en couple.

Il nous faut tous contribuer à donner une ambition généreuse à chaque jeune, appelé à ressembler à Dieu dans un couple à l’image et ressemblance de Dieu lui-même,
dans l’énergie de la foi de Jésus, Lui qui n’a pas craint de perdre sa propre vie sur la croix pour nous aimer, nous servir et nous ouvrir la vraie Vie ! Amen !

Frère Michel Stoeckel, chapelain

27ème dimanche ordinaire de l’année B ; textes bibliques: Gn 2, 18-24, Ps 127 (128), 1-6 He 2, 9-11 Mc 10, 2-16