Homélie du 17 mars 2019, 2ème dimanche de carême de l’année C

Dimanche 17 mars 2019 – 2ème dimanche de carême année C

Genèse 15, 5-12.17-18 ; Psaume 26 (27), 1, 7-8, 9abcd, 13-14 ; Philippiens 3, 17 – 4, 1 ; Luc 9, 28b-36

La Parole de Dieu de ce dimanche nous offre des récits étranges. Nous reviendrons sur celui de la Transfiguration, mais arrêtons-nous d’abord sur celui de l’Alliance que scelle Dieu avec Abraham dans le livre de la Genèse.

Il est curieux ce mystérieux sommeil dans lequel Abraham est plongé ! Il ressemble au sommeil profond dans lequel Dieu plonge l’Adama du récit de la Création pour le séparer en deux femme et homme ; il ressemble aussi au profond sommeil de Jacob combattant avec Dieu, à celui de Joseph recevant l’annonciation, à celui des disciples incapables de veiller à Gethsémani ; il ressemble encore à cet étrange sommeil des disciples lors de l’épisode de la Transfiguration.

Ces expériences de sommeil imposé par Dieu sont des lieux de révélation céleste. Les êtres ainsi rendus temporairement inactifs quittent leur réalité terrestre pour entrevoir une réalité plus fondamentale, éternelle, une sorte de connaissance de la vie en Dieu même. La vérité ultime leur est alors montrée afin que leur réalité terrestre et mortelle soit instruite de sa finalité et trouve un sens, enfin.

Dans notre récit d’aujourd’hui, Abraham est inquiet de ne pas voir concrètement se réaliser la promesse de Dieu de lui donner le pays de Canaan, la Terre Promise. Il lui est alors donné de voir mystérieusement comment Dieu s’engage dans sa promesse en se liant lui-même dans une alliance.

Rendons-nous à présent dans l’Evangile de la Transfiguration. Les disciples sont spectateurs d’un dialogue fraternel entre Jésus, Moïse et Elie ; ils voient Jésus en gloire avec ses devanciers ; ils entendent la Voix même du Père qui confirme son Fils et recommande de l’écouter.

Nous voici dans une représentation symbolique de la vie en Dieu-même : la lumière éclatante, la relation fraternelle, la célébration de l’amour qui vient du Père. N’est-ce pas ce à quoi nous aspirons depuis que nous avons la grâce de croire en Jésus-Christ ?

Oui, nous sommes les enfants bien-aimés du Père, appelés à partager la gloire du Fils Jésus-Christ dans une fraternité lumineuse et éternelle ! C’est cette destination ultime qui donne le sens de notre vie présente, concrète, mortelle et encore bien ténébreuse.

Nous vivons ici-bas non pas sans espérance, mais dans la foi que nous serons dans la gloire de Dieu. Tous !

Vraiment tous !, Même les pécheurs que nous sommes, même les grands pécheurs que Dieu aura sauvés, même nos ennemis avec qui nous ne voulons plus avoir de relation sinon de vengeance et de punition !

Dans la vie véritable en Dieu, il n’y a pas de compartiments séparés pour isoler les ennemis. Tous partagent la même table et la même danse. Tous chantent à l’unisson l’amour de Dieu. Tous sont donc réconciliés. Réconciliés avec Dieu, réconciliés avec eux-mêmes, réconciliés avec leurs ennemis, vraiment.

C’est bien beau ce que tu nous racontes, Frère Michel, mais moi, je suis empêtré dans mes relations mélangées d’amour et de haine, de joies et de blessures. Je suis bien loin d’être dans la lumière de la vie en Dieu !

C’est vrai et c’est vrai de toi et de moi aussi ! Alors revenons encore à la lecture de la Genèse.

Dans les temps bibliques, lorsque deux chefs de tribus voulaient s’allier, ils utilisaient parfois ce rite que nous avons entendu dans la première lecture : on partage des animaux adultes (de plus de trois ans), on dispose les animaux coupés en deux de part et d’autre d’un chemin, le sang des animaux s’écoule sur le chemin et les contractants marchent ensemble dans le sang, scellant ainsi leur alliance. Elle signifie que celui qui sera infidèle à l’alliance devra mourir.

Or, celui qui est mort, c’est Jésus, le Juste, Celui qui est le fidèle par excellence.

Là est la Bonne Nouvelle : il a pris notre place dans la mort. Son amour a été jusqu’à mourir à notre place pour que nous soyons introduits dans sa vie de ressuscité. Désormais, notre vie revêt le sens de la vie même de Jésus : nous allons certainement vers la réconciliation avec la puissance d’amour du Christ, par-delà nos fragilités et nos errances.

C’est pourquoi nous, disciples de Jésus, nous ne pouvons pas vivre les conflits de la même manière que ceux qui n’ont pas d’espérance.

En effet, s’il n’y a pas de réconciliation finale en Dieu, alors, il vaut mieux que je l’emporte maintenant sur mon adversaire, que j’écrase ici-bas mon ennemi, car il n’y aura pas de séance de rattrapage ! Je dois gagner maintenant pour ne pas perdre la face, ni mes biens, ni mes avantages si modestes soient-ils.

Je dois alors sauver ma peau, mon ventre, comme le dénonce St Paul dans sa lettre aux Philippiens. « Leur Dieu, c’est leur ventre ! » Ce qui les pousse en avant, c’est les avantages que fait miroiter cette vie terrestre fermée sur elle-même, lieu de violence, de concurrence et, finalement d’égoïsme.

Les baptisés croyants que nous sommes avons donc la tâche d’appeler Jésus au creux de  nos conflits et de rancunes pur qu’il accepte de prendre notre place et qu’il y meure comme il est mort sur la croix. Que Jésus prenne encore la place de l’infidèle pour subi à sa place les conséquences du mal engendré par le péché.

Ayant ainsi appelé Jésus à vivre sa croix dans  os propres croix, nous pouvons le suivre et assumer avec lui les conflits qui nous minent en priant, comme lui, que les fautifs soient pardonnés et non pas éliminés.

Que chacun examine sa vie et les conflits dans lesquels il est englué. Puis, il invite Jésus dans ce conflit : « Viens, Seigneur, au cœur de ce conflit qui me mine dans ces relations distordues qui me font souffrir et montre-moi comment tu prends sur toi notre mal pour  nous conduire à la réconciliation. »

Frère Michel Stœckel, chapelain

Rendez-vous de la semaine du 16 au 24 mars

Samedi 16 mars

  • Pèlerinage des Pères de Famille de passage à NDC à 9 h 30
  • Récitatifs de l’Evangile à 16 h 00
  • Messe à 18 h 00
  •  

Dimanche 17 mars, 2ème dimanche de carême, année C

  • Quête spéciale pour l’Institut Catholique
  • Messe à 10 h 45
  • Parents seuls à 15 h 00
  • Répétition des chants à 17 h 30

Mardi 19 mars

  • Catéchisme à 15 h 30

Mercredi 20 mars

  • Messe à 9 h 30
  • « Pomme Soupe »partage et étude de carême à 19 h 00
  • Conseil Pastoral à 20 h 30

Jeudi 21 mars

  • Chapelet à 15 h 00
  • Aumônerie des 6°/5° à 18 h 00

Vendredi 22 mars

  • Messe à 12 h 15
  • Chemin de Croix à 15 h 00
  • Eveil à la Foi à 17 h 00
  • Aumônerie des 4°/3° et lycéens à 18 h 30

Samedi 23 mars

  • Notre Eglise est en accusation. Comment le vivions-nous ? à 14 h
  • Récitatifs de l’Evangile à 16 h 00
  • Messe à 18 h 00

Dimanche 24 mars, 3ème dimanche de carême, année C,

  • Messe à 10 h 45

À venir : Samedi 6 avril : Sortie communautaire à Soligny-la-Trappe

Homélie du 3 mars 2019

3 mars 2019, 8ème dimanche ordinaire, année C

Siracide 27, 4-7 ; Psaume 91 (92), 2-3, 13-14, 15-16) ; 1 Corinthien 15, 54-58 ; Luc 6, 39-45

Je suis étonné du peu de réactions qui me parviennent concernant la tourmente que traverse l’Eglise en ce moment. Je ne sais comment le comprendre et, à la fin de la messe, je proposerai à ceux qui le veulent de venir s’exprimer sur toutes ces questions douloureuses qui ébranlent notre Eglise.

Peut-être est-ce de la pudeur parce qu’on n’ose pas parler de souffrances infligées par des prêtres et couvertes par l’institution. Peut-être est-ce de la souffrance parce qu’on a subi soi-même des atteintes à son intégrité. Peut-être est-ce aussi de l’ignorance ou du désintérêt pour des sujets certes graves mais qui ne nous concerneraient pas directement. Peut-être encore est-ce de la sidération parce que l’ampleur et la gravité des faits nous dépasse et nous laisse assommés.

J’espère que nous pourrons aborder ces sujets douloureux pour les affronter, chacun à son niveau, car il y a de fortes probabilités que l’Eglise, notre Eglise en sortira transformée en profondeur.

Pour l’heure, les textes de l’Ecriture de ce dimanche nous invitent à prendre les justes moyens de porter du fruit ; non pas des fruits gâtés mais de bons fruits, nourrissants pour nos contemporains.

Saint Paul situe la cadre de foi dans lequel nous cherchons à ajuster nos comportements de disciples : la victoire du Christ sur toute mort et sur tout péché, laquelle victoire nous est communiquée et à laquelle nous devons nous accrocher pour tenir dans les épreuves.

Il nous a appelé il y a quelques semaines dans cette même Epitre aux Corinthiens qui si nous ne croyons pas à la résurrection victorieuse, nous sommes les plus à plaindre de tous les hommes et qu’alors notre foi est vaine.

Après ce rappel, nous pouvons écouter ce que dit Jésus dans l’Evangile. Il s’agit de plusieurs enseignement disparates de Jésus rassemblés par Luc dans un ensemble qui peut se résumer par : portez du fruit, du bon fruit qui partage les bienfaits du Royaume et de la Résurrection à vos frères humains.

Pour cela, pour porter du fruit, il y a plusieurs conditions qui se rapportent toutes à la conversion, à l’accueil en nous de l’Esprit Saint et au travail sur nous-même, volontaire, en vue de changer nos cœurs.

Première condition : se former. Etre disciple de Jésus, c’est étudier Jésus, sa vie, son enseignement, sa personne. On ne peut pas rester chrétien simplement en vivant un sentiment religieux, même très fidèle à la Messe et aux prières si on n’ouvre pas sa Bible, si on ne s’interroge pas sur ce que Jésus veut et fait, si on ne se retrouve pas avec d’autres croyants pour approfondir sa foi. L’objectif que donne Jésus est d’être comme Lui à terme, sans pouvoir être plus grand que Lui.

Concrètement, pendant le carême qui commence mercredi prochain, nous aurons des propositions d’effort de formation à ND de la Confiance :

Chaque dimanche, l’homélie portera sur un aspect de la redécouverte du pardon et de la réconciliation, thème que nous explorerons durant tout le carême ;

Chaque mercredi soir à 19h, un temps de jeûne et de formation sur le thème du pardon et de la réconciliation ;

4 samedis après-midi et deux dimanches après-midi de carême, nous serons invités à mémoriser l’Evangile par cœur et par corps, comme on en a eu un avant -goût lors de la fête patronale ;

Chaque foyer pourra se réunir en famille ou avec des voisins pour découvrir l’Evangile du dimanche suivant avec les « Maisons d’Evangile », comme au temps de l’Avent.

Tout le monde que nous sommes ne pourra pas participer à toutes ces initiatives, mais il serait bon que nous décidions de faire un carême conscient de notre besoin de cohérence et de formation.

Deuxième condition pour porter du fruit : après nous être formés, nous réformer. Un arbre mauvais ne peut pas porter de bons fruits, même s’il a reçu le bon soleil, la bonne pluie, les bons oligoéléments du sol et les bons soins de l’arboriculteur. Nous sommes pécheurs, tous nous partageons cette condition. En chacun de nous est tapis l’esprit malin qui tente de nous faire faire le mal et qui y arrive parfois.

Nous réformer, c’est prendre au sérieux notre besoin vital de changement du cœur. Ce qui est pourri en nous, l’enlever, l’assainir ou le guérir, avec l’aide et la grâce de Dieu. Faute de vouloir nous convertir et nous améliorer, nous ne porterons que des fruit de mort qui augmenteront le mal sur la terre. Si nous ne cherchons pas à enlever d’abord la poutre qui est dans notre œil, il est scandaleux de vouloir dire aux autres comment bien faire.

Le carême est un temps privilégié pour la conversion profonde de nos cœurs, de nos actes et de nos paroles. Le thème que nous avons choisi d’explorer avec vous nous amènera à des décisions de changement. La Réconciliation et le Pardon avec Dieu, avec nos proches, avec nos ennemis et avec nous-mêmes est une urgence pour que la paix vienne enfin entre nous.

En l’occurrence, poussé par la gravité des accusations faites à l’Eglise, le Pape François a réuni des évêques à Rome pour que l’Eglise tout entière assume ses fautes, surtout si elles sont faites contre des enfants, qu’elle se repente, qu’elle répare ce qu’elle peut et qu’elle se convertisse par des changements décisifs de pratique.

Si ce sont des prêtres et des évêques qui sont montrés du doigts pour leurs agissements coupables, c’est notre manière à tous d’être l’Eglise du Christ et de l’amour des petits qui est interrogée pour que nous tous nous changions nos habitudes.

Troisième condition pour porter du fruit : nous garder en bonne santé spirituelle. C’est surtout St Paul qui nous invite dans son Epitre : « soyez fermes, soyez inébranlables, prenez une part toujours plus active à l’œuvre du Seigneur »

Prendre une part active à l’œuvre du Seigneur, cela revêt deux aspects.

Tout d’abord ce que le Seigneur fait et veut faire en nous. Laisser Dieu agir en nous, c’est nous offrir constamment à sa grâce,  notamment par la prière et le jeûne. Au cours de ce carême,  nous serons invités à prendre plus de temps et d’assiduité à la prière, à la prière personnelle notamment, au chapelet hebdomadaire, mais aussi en suivant les chemins de croix des vendredis de carême ; à la détermination de participer activement aux propositions de carême. C’est un effort qui peut nous couter, mais dont nous porterons les fruits certainement.

L’autre aspect de la bonne santé spirituelle à cultiver, c’est la charité, le partage, la volonté de faire du bien à nos frères, fussent-ils nos ennemis. A Notre Dame de la Confiance, nous vous proposons particulièrement de soutenir une petite paroisse du sud du Brésil, animée par un prêtre de Paris, neveu de Dominique de Montille, le Père Philippe Roche. Il a besoin d’aide pour réhabiliter les salles paroissiales très délabrées pour pouvoir accueillir plein de groupes de pauvres, notamment des personnes handicapées de Foi et Lumière.

Au cours de ces semaines à venir, chacun pourra mettre de côté les quelques euros qu’il n’aura pas dépensés. On peut, en effet, examiner les dépenses qu’on fait machinalement et repérer celles qui ne sont pas indispensables. Donner fera du bien à d’autres. On peut même faire l’effort de se priver de quelque chose d’important, nourriture ou confort, afin de soulager des frères lointains qui sont des frères très proches dans le Christ. Il y aura à cette intention des enveloppes disponibles dans la chapelle pour recueillir vos dons.

Mercredi prochain, donc mercredi des cendres, nous entrerons en carême avec ce projet de nous préparer à célébrer la Passion et la Résurrection du Christ Jésus qui est Lui-même notre réconciliation et notre pardon.

Je vous préciserai à la fin de la Messe, aux avis communautaires, les modalités de ce carême que  nous abordons dans l’espérance.

Pour la gloire du Dieu et le salut du monde !

Frère Michel Stœckel

dimanche 24 février, 7ème dimanche ordinaire, année C

1 Samuel 26, 2.7-9.12-13.22-23 ; Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 8.10, 12-13 ; 1 Corinthiens 15, 45-49 ; Luc 6, 27-38

Nous sommes très forts pour nous faire mutuellement du mal.

On raconte l’histoire des peuples bien plus souvent à travers les guerres qu’à travers les gestes de paix. Ce qui est vrai des nations, des pays, des religions, des classes, des cultures, etc. qui sont promptes à s’opposer est vrai aussi de nos vies familiales ou de nos réseaux de relations : tant de haines !

Observons trois situations.

La première : je suis méchant. C’est moi qui ai de la haine contre d’autres personnes.

Mes actes, mes pensées sont orientés par cette haine qui m’habite et je fais tout ce que je peux pour faire mal à ceux que je hais. Là-dessus, je suis très inventif et, bien souvent, j’entraîne d’autres personnes avec moi pour renforcer mon acharnement contre ce que je considère comme mes ennemis. Et même, lorsque ceux que je n’aime pas m’offrent de bonnes choses ou me témoignent d’un pardon ou d’un amour, je profite de cette vulnérabilité pour leur faire encore du mal et y trouver une certaine satisfaction.

Je suis méchant bien souvent sans prendre le temps de réaliser pourquoi je suis méchant. C’est comme si j’étais téléguidé par la méchanceté qui m‘habite. Si je prenais le temps de réfléchir, non pas sur es stratégies d’agression mais sur mes motivations, je serais déstabilisé. Donc , je ne le fais pas.

Pourtant, il y a bien des causes à ma méchanceté : je n’ai pas été aimé ou j’ai de bonnes rasions d’être jaloux, envieux. Ou bien j’ai été blessé, maltraité, humilié, négligé. Lu bien la justice ma été refusée. Bref, il y a de réelles causes à ma colère et ma méchanceté. Donc, je continue d’assouvir ma haine.

Il y a de fortes chances que je n’entende pas l’appel de Jésus à aimer mes ennemis !

Deuxième situation :

Toi et moi sommes ennemis et nous trouvons toutes les raisons de nous affronter et de nos faire mutuellement du mal.

C’est une histoire ancienne. Il se peut même qu’elle soit bien plus ancienne que nous-mêmes. L’un et l’autre sont prêts à trouver tous les arguments, y compris les pus faux, pour dénigrer son ennemi et l’affaiblir dans son corps, dans son mental, dans son travail, dans ses relations, dans son activité, etc.

Nous sommes adroits à ramener des gens dans notre camp contre l’autre et à monter des personnes contre notre ennemis. Nous nous pourrissons la vie l’un l’autre mais il n’est pas question de céder. D’ailleurs, cette animosité qui nous oppose occupe tellement de place dans notre vie que nous ne pourrions plus nous en passer.

Finalement, cette haine réciproque devient notre raison de vivre ! Il vaut mieux ne pas se demander ce que nous ferions de notre vie s nous n’avions pas cette bataille incessante à mener jusqu’à la défaite de l’autre et sa destruction. Que personne ne vienne nous détourner de notre haine car cela nous dépouillerait de notre énergie  et de notre force pour nous lever le matin !

Là encore, si Jésus vient nous dire d’aimer nos ennemis, il y a peu de chance que nous l’écoutions !

Troisième situation :

Je suis victime de la haine de mon ennemi. Voilà : je réussis un peu mieux ma vie, j’ai e un peu plus de chance. J’ai compris que la paix est plus vraie que la haine.

J’ai pensé souvent que nous pourrions partager plutôt que nous concurrencer. J’ai fait des tas de tentatives pour nous rapprocher ; j’ai même accepté des accusations fausses qu’il me faisait pour tenter d’apaiser son animosité contre moi.

 J’ai essayé de passer par ses amis pour proposer une trêve, pour faire descendre la pression.

Découragé, j’ai aussi essayé de me protéger, de protéger mes proches : parfois en coupant les ponts ou parfois en m’éloignant. J’ai même essayé d’être méchant moi-même, de répondre coup pour coup, mais je ne suis pas doué pour çà et cela m‘est revenu en pleine figure !

Je suis fatigué ! Découragé ! Déçu ! Dépité ! J’ai mal et je ne sais pas comment échapper à cette persécution.

Et là, j’entends Jésus qui me dis : Prie pour lui ! Fais-lui du bien ! Aime-le, ton ennemi !

Alors j’ai envie de crier, de hurler, de pleurer de rage. Jésus ne va-t-il pas me libérer de cette situation où je suis écrasé ?

Comment vais-je continuer à vivre dans ces conditions ? Où vais-je trouver la force de me lever le matin pour accomplir ma tâche ?

Jésus s’est posé cette question ! Il a vécu tout cela dans sa chair.

C’est la mission qu’Il a reçu du Père de venir chez ses ennemis, non pas pour les terrasser, mais pour les aimer de la part du Père et les sauver du mal.

Sur la croix où ses ennemis que nous sommes l’avons fixé dans la torture et l’humiliation, pendant qu’on lui enfonçait des clous dans les pieds et les mains, il priait pour que nous soyons pardonnés. Il est mort en priant pur les méchants afin qu’ils reçoivent la vie éternelle de Dieu !

C’est ainsi qu’Il a sauvé les méchants. Il a fallu aller jusque là pour que les méchants -enfin : quelques-uns pour commencer !- ouvrent enfin les yeux et se détournent de leur méchanceté.

Quand Jésus te dis : « Tend l’autre joue, prie pour ton ennemis, souhaite-leur du bien ! », Il sait de quoi Il parle. Il le fait , Lui, avant toi et Il continue de le faire avec toi. (ce qui n’est pas le cas du pauvre prédicateur qui te transmet son Evangile, lui qui ne se connait pas d’ennemi et ne sais pas de quoi il parle ! Pardonne-lui son homélie !)

Comme cela t’est impossible par toi-même, pauvre Adam terrestre façonné d’argile fragile, deviens résolument disciple de Jésus, accueille Jésus en toi, comme y invite St Paul dans le 2ème lecture : deviens l’être spirituel qui ne vit plus que de Dieu ! C’est ta seule solution.

Alors, toi aussi, à la suite de Jésus, prie pour celui ou celle qui te veut du mal, qui te persécute et qui te pourris la vie. Souhaite-lui du bien ! Aime-le ! Sois Jésus !

Frère Michel SDtœckel

Homélie du 10 février 2019, fête patronale

5ème dimanche ordinaire année C + Fête Patronale  ND de la Confiance – 10 février 2019 – MS

Isaïe 6, 1-2a, 3-8 ; Psaume 137 (138), 1-5, 7c-8 ; 1 Corinthiens 15, 1-11 ; Luc 5, 1-11

Belle et bonne fête, Notre Dame de la Confiance ! 
Bonne fête à toi, Marie, toi qui a offert ta foi à l’appel du Seigneur pour que nous ayons un Sauveur, ton Fils Jésus !
Bonne fête à vous tous qui faites l’expérience intérieure que Marie marche avec vous aux chemins de vos vies pour vous conduire infailliblement au Christ, le Fils de Dieu Seigneur !   
Petite communauté de la chapelle Notre Dame de la Confiance, voici comment s’écrit ton pèlerinage sur la terre, ta marche vers la Vie en compagnie de Marie qui marche, la première avec toi !

Tout d’abord, il y a l’initiative de Dieu. C’est Lui l’auteur de l’histoire sainte, de l’histoire de son peuple, de l’histoire de chacun d’entre nous. Il a l’initiative de s’adresser à la jeune Marie, pure et sainte croyante d’un pays désolé dans un temps troublé. De manière totalement imprévisible, Il lui envoie son ange Gabriel. Celui-ci fait irruption dans la vie de Marie qui est en attente confiante de la promesse de Dieu.

Nous avons entendu qu’il avait déjà fait irruption dans la vie d’un certain Isaïe en lui montrant toute la puissance de sa gloire.

Nous avons entendu qu’Il est aussi intervenu dans la vie de Paul, ce juif zélé persécuteur de l’Eglise, en l’arrêtant brutalement sur le chemin de Damas par une apparition du Seigneur Jésus.

Nous avons également entendu que Dieu, en Jésus, fait irruption dans la vie de Simon le pécheur qui venait de subir un échec professionnel désespérant, rentré bredouille d’une nuit de travail en mer.

Frères et sœurs, si vous êtes ici ce matin, ce n’est pas d’abord par habitude ni par décision, c’est parce que Dieu, qui vous donne de respirer, a conduit vos pas jusqu’à cette chapelle pour intervenir dans votre vie !
Prenons maintenant conscience que si nos respirons et si notre cœur bat, c’est parce que Dieu le veut et qu’il nous donne cet air et ce cœur. En ce moment que nous vivons, Dieu crée chaque personne ici présente !

Cette irruption de Dieu dans la vie de Marie, d’Isaïe, de Paul ou de Simon-Pierre amène chacun d’eux à s’identifier : « Je suis un homme aux lèvres impures !’(Isaïe), Je suis le plus petit de tous les apôtres (Paul), « Je suis un homme pécheur ! » (Simon-Pierre). Et Marie répond, elle : « Je suis la servante du Seigneur ! »

Et vous frères et sœurs ? Ou plus exactement, et toi, mon frère, ma sœur, toi personnellement rejoint par le Seigneur ce dimanche de fête patronale, 10 février 2019 : qui dis-tu que tu es devant le Seigneur venu te voir ce matin ?

Ce n’est pas si habituel de dire qui on est, après tout. En général, dans notre vie courante, on fait les choses qui s’enchaînent dans nos journées parce qu’il y a des obligations, des tâches, des activités qui remplissent notre emploi du temps. … Même si nous avons beaucoup ou trop de temps vide devant nous à cause du chômage, de la solitude ou de la maladie.
On vit les choses assez machinalement sans s’arrêter pour en prendre conscience, ni encore moins pour prendre conscience de qui nous sommes.

Parfois cependant, quelqu’un ou quelque chose nous heurte et nous nous voyons réagir avec vigueur : « Je suis ta mère et ce n’est pas comme çà que tu parles à ta mère ! » « Je suis un être humain, quand même, et je me sens méprisé par la vexation d’un collègue ou d’un supérieur ! »

Justement, qui sommes-nous ? Comment répondre à cette question : Qui suis-je ? Nous pouvons montrer nos papiers d’identité. Nous pouvons dire de qui nous sommes l’enfant, de quel tradition nous sommes issus, dans quel pays nos ancêtres reposent. Nous pouvons dire de qui nous sommes parent. Nous pouvons dire notre métier ou notre activité principale : travailleur, écolier, étudiant, retraité, etc.

Mais je voudrais vous inviter à prendre conscience, là, maintenant que « Je suis la fille de Dieu / je suis le fils de Dieu ! Je suis la personne que Dieu aime et désire, celle ou celui pour qui Jésus a donné sa vie afin que je sois purifié et que je vive ! »

Fermons les yeux quelques secondes pour goûter cet amour de Dieu pour moi que jamais rien ni personne ne pourra éteindre.         
Marche avec nous, Marie, au chemin de cette découverte que j’ai du prix aux yeux de Dieu, comme toi.

Certes, je suis pécheur aux lèvres impures, persécuteur de l’Eglise comme Isaïe, Paul ou Simon-Pierre ; je suis pécheur parce que la vie n’est pas facile et que je suis faible pour résister aux tentations. C’est entendu ! Mais surtout, je suis aimé-e de Dieu, choisi-e par Lui pour une alliance d’amour et de confiance mutuelle.
Notre Dame de la Confiance, priez joyeusement pour nous !

Après qu’Isaïe, Paul et Simon-Pierre se sont reconnus indignes de la venue de Dieu dans leur vie, après que Marie a exprimé son incapacité à être mère du Christ toute seule, toutes ces personnes rejointes par Dieu ont accueilli un appel de Dieu à collaborer à son œuvre.          
Isaïe a entendu l’appel à être envoyé et il a répondu : « Me voici ! Envoie-moi ! »          
Paul a changé de vie pour annoncer l’Evangile de Jésus avec toute sa fougue et son énergie.      
Pierre a suivi Jésus et a été pêcher des hommes plutôt que des poissons.   
Et Marie a dit : « Que tout se passe pour moi selon ta Parole ! »

Aucun d’entre eux n’avaient prévu le tour nouveau que prendrait sa vie après que la Seigneur ne soit venu le solliciter ! Mais se sachant l’objet d’une confiance totale de Dieu, chacun a répondu par la confiance totale.

Et c’est grâce à eux que le Seigneur continue son œuvre pour nous. C’est à leur suite que nous faisons l’expérience de l’amour indéfectible de Dieu pour chacun de nous.          
Marie, la première en chemin marche avec nous sur les chemins de l’Evangile.

Aujourd’hui, le Seigneur appelle chacun de nous à l’accueillir, à lui faire confiance, à entendre son appel et à le suivre.

J’invite chacun de nous présent dans cette chapelle à écouter dans son cœur quel est l’appel auquel il sent devoir répondre :

Est-ce, comme Isaïe, l’appel à servir Dieu qui seul est saint et à faire de tous ses actes quotidiens un hommage au Créateur et Sauveur ? Ou encore l’appel à faire la justice, à rappeler la fidélité ?

Est-ce, comme Paul, l’appel à témoigner de l’Evangile et de la croix de Jésus dans son entourage, en famille, au travail, auprès des amis ou des voisins ? Ou encore l’appel à servir, à enseigner, à rappeler la vérité ?

Est-ce, comme Simon-Pierre, l’appel à rassembler, à réunir ceux qui sont éloignés, à rechercher ceux qui se sont perdus ? Ou encore l’appel à organiser la communauté à soigner la liturgie ?

Est-ce, comme Marie, à donner la vie, à aider les enfants à grandir, ou ceux qui ont besoin de secours, de tendresse, d’encouragement ? Ou encore l’appel faire entièrement confiance à Jésus, comme à Cana où elle dit aux serviteurs : « Tout ce qu’il vous dira, faites-l ! »

Quelle que soit la vocation à laquelle nous répondrons, nous nous appuyons sur la présence de Marie sur nos chemins de foi. Elle qui est toute confiance en Dieu, sait intimement que Dieu lui fait confiance. Elle sait que Dieu à l’audace de nous faire confiance. Quelle merveille !

Notre Dame de la Confiance, priez pour nous !

Frère Michel Stoeckel

Homélie du dimanche 27 janvier 2019, 3ème dimanche ordinaire de l’année C

Homélie du 27 janvier 2019, 3ème dimanche ordinaire de l’année C

Néhémie 8, 2-4a.5-6.8-10 – Psaume 18(19), 8-10.15 – 1 Corinthiens 12, 12-30 – Luc 1, 1-4 ; 4, 14-21

Nous sommes encore au début de notre année liturgique, appelée ‘année C’ au cours de laquelle nous suivrons l’Evangile de Luc de dimanches en dimanches.

Aujourd’hui commence cette lecture suivie avec ces deux sections inaugurales des chapitres 1 et 4.

Saint Luc s’adresse à un certain Théophile que nous ne connaissons pas par ailleurs et qui est peut-être un personnage symbolique inventé par Luc pour s’adresser aux communautés chrétiennes qu’il enseigne et soutient.

Dans ses écrits, St Paul désigne Luc comme ‘le cher médecin’ (Col 4,14 ; cf. Phl 24 et 2Tm 4,11) qui l’a accompagné dans de nombreuses circonstances de ses voyages. C’est un homme de langue grecque qui s’adresse à des chrétiens d’origine non juive dans une langue belle et souple.

Il est l’auteur de deux des livres réunis dans le Nouveau Testament : l’Evangile selon St Luc et les Actes des Apôtres qui sont comme les deux tomes d’une même œuvre. Le premier est centré sur le Christ Jésus et le second sur l’Esprit Saint dans l’Eglise naissante qui prolonge dans le monde ce que Jésus a commencé dans son corps et son sang de palestinien, principalement en suivant les missions de St Paul jusqu’à sa captivité à Rome.

Ces deux livres ont du être achevés vers les années 80/90 du premier siècle, soit une bonne cinquantaine d’années après la Résurrection de Jésus. Pour ceux qui le peuvent, rappelez-vous ce que vous viviez il y a 50 ans : vous avez besoin de photos et de documents matériels pour que votre mémoire soit fidèle !

Luc a donc plusieurs documents à sa disposition, en plus de ses propres enquêtes pour écrire le récit de son Evangile. Il dit bien qu’ils sont nombreux, ceux qui ont entrepris de ‘composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous’.

Il poursuit : « c’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, d’écrire … un exposé suivi ». Pourquoi donc a-t-il eu besoin d’écrire un récit supplémentaire ? Cela reste un mystère, mais on pense que les nouveaux chrétiens non juifs avaient besoin d’un accès à Jésus qui soit moins pétri de judaïsme et plus proche de leur culture grecque. Et puis, il y a cet inédit de Luc que sont les Actes des Apôtres où il semble dire à ces pagano-chrétiens : ce que Jésus a commencé dans son corps d’homme en Palestine se poursuit dans son Eglise que vous êtes pour l’annonce de la Bonne Nouvelle au monde entier.

Je vous fais remarquer que nous avons ainsi non pas un récit seul factuel des faits et gestes de Jésus mais 4 Evangiles qui parlent bien tous de Jésus, mais pas de la même manière. Ils sont même contradictoires sur certains points parfois importants. C’est une merveilleuse grâce de Dieu que cette multiplicité des regards sur la personne de Jésus. En effet, nous sommes ainsi prémunis de toute tentative idéologique sur Jésus : aucun enseignant ne pourra jamais dire une parole définitive sur Jésus. Ainsi, chacun des croyants apporte au concert des regards sur Jésus sa touche unique qui nourrit la foi de toute l’Eglise.

Confiants donc dans la solidité des enseignements reçus dans l’Evangile, nous pouvons accueillir la Bonne Nouvelle de Jésus, les fruits de sa présence qui libère les prisonniers, guérit les malades, réjouit les pauvres et délivre les opprimés.

Ce dimanche que nous vivons nous invite à ouvrir notre Bible, spécialement au Nouveau Testament pour accueillir la Parole puissante et féconde de Dieu en Jésus, l’Envoyé du Père, le Sauveur du monde.

En prenant Jésus avec nous, en nous, nous sommes introduits dans la joie de Dieu. Or la première lecture se conclut par ces mots : « La Joie du Seigneur est notre rempart ! »

Relisez ce récit du livre de Néhémie et voyez comme la lecture solennelle de la Parole de Dieu au cous d’une assemblée suscite la joie de tout un peuple, qui se trouve réconforté après bien des malheurs, reconstruit par l’œuvre de la joie de Dieu.

Au passage, cela souligne l’importance des textes bibliques de la liturgie de la Parole au cours de la Messe. Et j’en profite pour vous inviter à une écoute attentive et préparée de ces textes. En effet, si nous les découvrons au moment où ils sont lus (souvent très bien) par des lecteurs, nous risquons fort de ne pas les comprendre ni d’en saisir le suc. Je vous invite donc avec force à préparer ces lectures à la maison : le dimanche avant de partir pour la messe, ou mieux encore, au cours de la semaine pour se familiariser avec eux et les goûter joyeusement lors de leur proclamation liturgique. A cet effet, on fait de très bons missels, permanents ou périodiques comme Prions en Eglise ou Magnificat, et même d’excellents sites internet où on peut facilement approcher ces textes.

Là, dans cette Parole puissante qui atteint nos cœurs à travers nos oreilles, se trouve une grâce tout aussi nécessaire que la communion au Corps et au Sang du Christ pour nourrir notre vie de croyant et notre agir de chrétien tout au long de la semaine.

Car elle nous construit, cette Parole sainte de Dieu, elle nous permet, chacun avec sa personnalité, ses dons et son histoire, de donner forme à la grâce de Dieu, celle que répand en nous l’Esprit Saint.

Si nous relisons le passage de la lettre aux corinthiens, nous voyons que chacun de nous est à parité avec tous les autres, chacun apportant son charisme à la construction de l’assemblée. Nous voyons aussi que c’est le Seigneur qui construit son Eglise en peuple organisé pour la mission.

Ainsi, en communauté croyante, ce que nous sommes ici, il est vital que nous rejetions toutes les rivalités, jalousies et envies les uns vis-à-vis des autres, et même tous les jugements les uns sur les autres. Si nous avons des aptitudes différentes, ce n’est pas pour que nous en soyons jaloux, mais pour que nous les mettions au service joyeux et fraternel des autres qui ont, chacune et chacun, d’autres aptitudes et capacité à offrir pour la mission commune.

Rappelons-nous ce qui s’accomplit parmi nous et que souligne par deux fois notre Evangile de ce jouir : l’Esprit du Seigneur est sur nous pour que nous annoncions la Bonne Nouvelle aux pauvres, que nous renvoyons libres les prisonniers, que nous permettions aux aveugles de recouvrer la vue, que les opprimés connaissent leur délivrance et qu’un temps de grâce de Dieu offre la réconciliation avec Dieu, entre nous et avec tous nos frères humains.

Frère Michel Stœckel

Homélie du P. J.-Pierre Ledoux aux obsèques de M Maxime Mergault (24 janvier 2019 à Ste Marie des Batignoles)

 Homélie.  Jeudi 25 janvier 2019.  Ste Marie des Batignolles.

Maxime Mergault est né à Avignon le 26 janvier 1922, il y reste jusqu’à l’âge de huit ans. Son père y tient un café-restaurant, sa mère est aide-soignante.

Ils partent à Paris 12°, tandis que sa mère est gardienne  d’immeuble, son père y fera beaucoup de petits travaux, chauffeur de taxi, en donnant un coup de main à un boulanger, il prend goût à ce métier. Lorsqu’ils partiront à  Gouex, village berceau de sa famille, son père y installera la première boulangerie.

Maxime faisait toujours ce qu’il voulait.

On voulait lui faire apprendre le  violon, lui ne voulait pas. Il coupe  les cordes de son instrument.

1939 : Maxime  a 17 ans, il prépare le concours d’entrée aux Arts et Métiers. La guerre éclate. Avec trois camarades il veut participer à la guerre, s’engager dans la marine. Il n’est pas majeur, a besoin de l’autorisation de son père. Son père n’est pas d’accord : « passe le concours des Arts et métiers, si tu réussis on verra. »

« Pas la peine de me présenter, je le rate, et je m’engage. ». Il entre dans la marine.

Après une formation de timonier, il embarque sur le contre-torpilleur « Epervier », escorte des navires de commerces en Méditerranée et vers l’Angleterre. Timonier sur le Milan il prend part à la chasse d’un cuirassier allemand en Atlantique sud. Campagne de Norvège. Mai 40, enfer de l’évacuation de Dunkerque. Dakar. Oran.

Accrochages avec la Marine anglaise. L’Epervier est touché. Maxime nagera jusqu’à la côte en poussant un canot

plein de blessés. Il reçoit la Croix de Guerre 39-45.

Lorsqu’à la demande de sa fille Nadine, Maxime ira présenter la guerre aux lycéens  à Vienne, les jeunes seront passionnés par son intervention, ils en redemanderont tous les ans….

Un jour, en permission, il veut voir sa marraine de guerre, elle travaille dans un bureau des Contributions Directes. Les portes sont fermées. Il escalade le mur, passe par la fenêtre, rejoint Antoinette dans son bureau.

Juillet 1945, il revient de la guerre, épouse Antoinette, ils auront trois filles qu’il adore : Michelle, Nadine, Catherine.

16 septembre 1945, il entre à la SNCF.

Pas de diplôme. Commis au secrétariat, il distribue des cartes d’alimentation aux cheminots. Toujours 1° aux cours du soir, il devient Trésorier. Puis Formateur au  Château du Vernais pour des enfants de cheminots de toute le France. Il avait juste 2 ou 3 ans de plus que les élèves. Il resta longtemps fidèle aux rencontres des anciens élèves.  C’est d’ailleurs là que fut baptisée Michelle.

A chaque  fois que ses responsabilités grandissent, il doit changer de lieu avec sa famille : Laroche Migènnes, Dijon, Besançon.

1956, il est muté à la Scéta, service de camionnage de la SNCF.

1981, Directeur d’un ensemble de services routiers  de 1200 personnes.

5 ans après, en 1986, Directeur Général de Sceta Marchandises.

Admiratif de son énergie et de son courage, on dit de lui qu’il « croit dur comme fer à l’importance de l’équipe, mais c’est lui qui tient la barre fermement, c’est le patron à bord ». Main de fer dans un gant de velours, on l’appelle « Papa Max ».

1987  Maxime  prend sa retraite.

Malgré tout  ce débordement d’énergie, Maxime était : « Père très aimant, modèle familial d’amour, toujours à l’écoute. » Confident, avec toujours le mot juste, il garde toujours tout pour lui. » Optimiste, envie de vivre, plein de projets,

En bon marin, il était bon cuisinier. Convivial il aimait inviter chez lui, il y avait du style, c’était une fête, un régal.

7 novembre 2009 Antoinette décède : moment très difficile pour Maxime.

L’action le remet en route : il fonde des clubs Sceta Marchandise, bridge, voyage.

A Notre Dame de la Confiance il est très présent, il fonde la bibliothèque de rue.

Samedi  1° décembre 2018, il est présent toute la journée pour la collecte de la Banque  Alimentaire.

La veille de son départ, vendredi passé, 18 janvier, à la clinique, il ouvre son agenda : « dans trois jours réunion, je dois y aller, la semaine prochaine, réunion je dois y aller ».

Toujours aussi déterminé, mais son corps n’a pas suivi. Le lendemain matin, samedi, son cœur s’arrêtait.

Il est parti comme il l’aurait souhaité.

En arrivant là-haut chez  Dieu, il a du crier : « Anette, où es-tu ? ». Elle a du lui dire « ne parle pas si fort. »

Quand les anglais avaient coulé son bateau, l’Epervier, devant le port d’Oran, les explosions lui avait crevés les tympans.

Les Paroles de la première lettre de St Jean et celles de son évangile que vous avez choisies

nous révèlent l’origine de l’Humanité, de la Force qui anima Maxime.

 « Ne soyez pas bouleversés, vous croyez en Dieu, croyez aussi en moi. »

 « Là où je suis, vous y serez aussi. » : ce que Jésus portait en lui, sa vie de Fils de Dieu, son amour pour tous les hommes, il est venu pour le transmette à chacun de tous les hommes.

« Pour aller où je m’en vais, vous connaissez le chemin : Je suis le Chemin, la Vérité, la Vie ».

Jésus est la Vérité : ce que Jésus portait en lui, lui, Parole de Dieu, le Fils bien-aimé du Père, c’était cette union à Dieu son Père, qu’il aimait retrouver dans la prière lorsqu’il partait seul dans la nuit.

Jésus vérité du Fils de Dieu, Jésus vérité de l’homme, enfant de Dieu.

La Vérité pour nous les hommes, pour Maxime?

« Nous devons aimer en actes et en vérité, en agissant ainsi, nous reconnaitrons que nous appartenons à la vérité », nous dit St Jean dans sa lettre. Vivant à la suite de Jésus-Christ, cherchant à aimer comme Lui, avec Lui, nous réaliserons notre vérité d’homme, notre vérité de fils de Dieu. C’est ce que Maxime a cherché à faire.

Jésus est la Vie : ce que Jésus portait en lui c’était cet amour de Dieu son Père pour tous les hommes, amour qui le faisait parler, guérir, sans chercher à se reposer le jour du Sabbat : « Mon Père travaille toujours et moi aussi je travaille, dit-Il aux Pharisiens qui lui reprochaient de travailler le jour du sabbat.

La Vie pour nous les hommes, pour Maxime? « parce que nous aimons nos frères, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie » nous dit encore St Jean dans sa lettre. C’est ce que Maxime a voulu faire, il fut pleinement vivant parmi nous, il est maintenant pleinement vivant de la vie de Dieu.

Maxime a suivi ce Chemin qu’est Jésus-Christ, il a ainsi réalisé sa vérité d’homme, sa vérité d’enfant de Dieu. Maxime n’a jamais été bouleversé, en vrai pauvre, il ne s’accrochait à rien :

muté à la Scéta, il dit : « J’ai répondu : oui, sans hésitation, car j’ai toujours considéré qu’il faillait saisir chaque opportunité de s’enrichir professionnellement. » Il faisait confiance envers et contre tout, ce qui lui fit escalader tous les échelons au service de la société, et montant dans la hiérarchie du travail, il a su  transmettre à un nombre de plus en plus grand de personnes ce qu’il portait de meilleur au fond de lui-même, il était : un Roc, le Patriarche, un Pilier, un référent, un modèle, il tire les autres vers le haut, « ça s’arrangera », toujours plein d’espoir, c’est une leçon de vie. « C’est un grand Monsieur qui grave dans les cœurs sa devise « je maintiendrai »

 Et nous maintenant ?

Rendons grâces au Seigneur pour cette vie de Maxime, magnifique, exemplaire, bien remplie, il aurait eu  97 ans dans deux jours, samedi.

A notre tour, comme lui, faisons confiance à ce qui est de meilleur en nous  et partageons-le au plus grand nombre de personnes.

En imitant le meilleur de ce qu’a vécu Maxime, en imitant le meilleur de ce qu’ont vécu ceux qui nous ont précédés, nous restons avec eux dans le même souffle, dans le même Esprit de Jésus, nous sommes en communion avec eux, avec Maxime.  C’est la communion des Saints que nous affirmons ensemble le dimanche dans le « Je Crois en Dieu ».

Jean-Pierre Ledoux