Homélie du 7 octobre 2018

Impossible de ne pas parler du couple à l’écoute de ces passages bibliques !

Dans notre assemblée, il y a des couples mariés, assez nombreux, d’âges différents, d’histoires différentes.
Chacun pourrait nous témoigner de la joie d’être unis à deux pour former une famille, de la joie de s’aimer et de se soutenir.

Ils pourraient aussi nous dire qu’être un couple est loin d’être une vie de bisounours !
On y vit des périodes douloureuses de fossés immenses entre les deux membres du couple, fossé re reproches, d’incompréhension ou d’aveuglement, sans parler des galères et malheurs affrontés ensemble.

A ND de la Confiance, il y a un groupe pour parents seuls, et c’est très bien. Mais il y a aussi beaucoup de services dans l’Eglise où des couples peuvent venir se ressourcer, partager leur expérience, leurs joies et leurs galères, se réparer, se soutenir et prier,
parce qu’il est vital de trouver des forces, de nourrir une relation de couple avec soin, sans quoi le ménage dépérit.

Et s’il y a un groupe de parents seuls, c’est bien parce qu’il y a parmi nous un bon nombre de familles bâties sur un seul adulte, souvent la maman.
Et dans ce groupe, on partage aussi la vie de parent seul, avec ses satisfactions mais aussi ses problèmes souvent lourds, fatigants et douloureux.

La vie de famille, ce n’est donc pas la facilité. Parole de célibataire !

En effet, celui qui vous parle est un célibataire. Comme il y a parmi nous un certain nombre de célibataires. Ceux-ci aussi pourraient vous dire que le célibat n’est pas toujours facile à vivre !

A vrai dire, je ne connais pas de vie facile : ça n’existe pas ou alors, c’est factice. Pas contre, je connais beaucoup de gens heureux d’avoir pris un engagement ferme, même avec ses rudesses.

Lorsque  nous faisons des choix dans notre vie, c’est donc illusoire de choisir la facilité apparente
et ce n’est donc pas ce que Dieu veut nous dire aujourd’hui.

Je remarque que Jésus aussi est célibataire et que c’est lui qui parle de la splendeur du couple qu’il ne faut jamais séparer si Dieu l’a uni.

Jésus, c’est le Fils de Dieu qui n’a pas honte de nous appeler ses frères (2ème lecture d’He 2)
et surtout de payer le prix de la souffrance et de la croix pour nous sauver et nous ouvrir la vraie vie, celle de Dieu.

De quoi nous sauve-t-il ?
Du mal qui nous tient prisonniers, du péché qui être notre manque d’amour
ou de notre amour défiguré et caricatural,
de notre orgueil et de notre tendance à l’individualisme et à l’autosuffisance.

Car la vraie vie, celle de Dieu, est d’abord une circulation d’amour entre des personnes qui se lient entre elles
et se donnent sans réserve à l’autre,
ce qui fait surgir encore plus de vie dans une fécondité joyeuse.

Notre vocation à tous, c’est d’être comme Dieu !
C’est de lui ressembler dans sa propre vie de Père, Fils et St Esprit.

D’ailleurs, lorsque Dieu crée l’être humain, il le crée couple à son image,
homme et femme.

C’est le couple d’un homme et d‘une femme qui est la véritable image de Dieu.

C’est bien plus lumineux que de penser que c’est une personne individuelle qui est image de Dieu :
c’est le couple d’un homme et d’une femme qui se lient pour la vie,
pour le don de soi généreux par amour.
C’est cela qui est le mariage, en particulier dans le sacrement du mariage qui est un des plus merveilleux trésors de l’Eglise.

Nous les disciples de Christ, nous sommes témoins de cela par notre foi et pas toute notre vie.
Du moins le devrions-nous ! Et c’est à cela que nous aspirons de tout notre cœur et de toute notre énergie.

Ainsi, le mariage est la vocation la plus nécessaire
et elle est presqu’universelle.

Les vocations de célibataires sont uniquement au service de cette vocation du plus grand nombre au mariage.

C’est à cette vocation que nous devons appeler principalement les jeunes de notre communauté.

Ils constatent que leurs familles sont construites de manières variées, avec un ou deux parents, mariés ou non.
Ils peuvent constater qu’aucune forme de vie familiale n’est facile.

Mais ils doivent avoir sous les yeux le témoignage de la foi des adultes. Celle-ci tend de toutes ses force à vouloir imiter Dieu, lui ressembler
et aimer comme lui, en premier lieu dans la famille, quelle qu’elle soit.

Il doivent pouvoir ressentir  qu’il y a en eux un appel de Dieu à être très ambitieux pour l’amour
et à former dans leur vie un couple unique, stable et fidèle, courageux et persévérant, heureux de son engagement.
Merci les couples mariés.

Mais de la part des autres adultes aussi,
ceux qui ne sont pas en couple d’un homme et d’une femme mariés,
ils doivent pouvoir recevoir cet appel à désirer ressembler à Dieu
Ils doivent pouvoir se former résolument dans cette perspective de fonder un couple dans le sacrement du mariage.

C’est l’affaire de tous les adultes chrétiens, mariés, parents seuls ou célibataires de servir cette vocation des enfant et des jeunes.

L’éducation à l’engagement et à l’affectivité ne consiste pas seulement à inciter sa fille à aller au Planning Familial pour se faire délivrer la pilule !
Il est sans doute bon qu’on apprenne très tôt aux petits, à l’école et en famille à respecter l’autre de l’autre sexe, à le reconnaître et l’aimer, le servir ; bien sûr en adaptant à l’âge des enfants cette éducation à la relation et à l’affectivité.
Les soucis des parents et des jeunes ne doivent pas se limiter à espérer que les jeunes ne deviennent pas parents avant d’être en couple.

Il nous faut tous contribuer à donner une ambition généreuse à chaque jeune, appelé à ressembler à Dieu dans un couple à l’image et ressemblance de Dieu lui-même,
dans l’énergie de la foi de Jésus, Lui qui n’a pas craint de perdre sa propre vie sur la croix pour nous aimer, nous servir et nous ouvrir la vraie Vie ! Amen !

Frère Michel Stoeckel, chapelain

27ème dimanche ordinaire de l’année B ; textes bibliques: Gn 2, 18-24, Ps 127 (128), 1-6 He 2, 9-11 Mc 10, 2-16